Militer

 

** ** Le blog de Tâm Chân Hanh (Action Juste du Cœur- mon nom de Dharma en tant que (ex) bouddhiste) - ancien Gilet Jaune aussi - et qui a viré de la" gauche" et de "l'extrême gauche" vers le souverainisme - mais toujours  ANTI-CAPITALISTE  - Et plus que jamais pour un autre monde possible, plus juste, plus fraternel et plus humain. ** **
 
j'ai hier 18 janvier, quitté définitivement un boulot qui m'épuisait , pour prendre ma retraite en subissant une grosse décote ....

02 sept 2020 "Bouddhiste et "d’extrême gauche", le suis je encore?  

24 janvier 2022 Le Village des Pruniers, une très belle étape de mon chemin qui s'achève

 23 juillet 2022 Et si j'étais une âme pléiadienne ? 


8 juin 2013

De la vision profonde (du capitalisme origine de la souffrance)

Peut il y avoir liberté d'entreprendre ( un des fondement du capitalisme), sans avidité ???? c'était la question posée à la suite de mon précédent article "l'origine de la souffrance",  par Pascal du groupe Facebook des Bouddhistes engagés 



Oui ai je répondu, sans doute, des exemples le montrent..le commerce équitable, les entreprises solidaires , les scops...  mais il faudrait que cela reste liberté de créer sa propre petite entreprise... pour subvenir à ses besoins, ou à un besoin collectif... et non liberté de vouloir à tout prix grossir et manger les concurrents , ou les acculer à la faillite, pour s'enrichir, encore et encore...

c'est hélas d'abord cela, la libre entreprise... basée sur l'avidité...

L'avidité qui est bien pour moi le premier poison de l'esprit... (il y en a trois de base dans le bouddhisme avec l'ignorance et la haine...)
pour sortir du capitalisme, il nous faut faire cesser en nous l'avidité... comme il a été dit lors de ce séminaire qui a eu lieu à Karmaling en septembre 2011...
http://michel1955.blogspot.fr/2011/10/pour-une-economie-solidaire-et.html


 Eric Rommeluere un maître Zen dans son dernier livre "Le bouddhisme engagé" 3eme partie, recommande aux "Bodhisattvas des temps modernes" de commencer par avoir une compréhension profonde des pensées et théories qui sous-tendent le capitalisme,
commençons donc par le début: . Histoire du libéralisme économique classique

(bien loin de moi de me considérer comme un bodhisattva!)

Toujours dans son livre, Eric Romeluere,  cite David Loy  autre maître Zen... qui reprend les fondements du capitalisme, par les économistes classiques Adam Smith et Jeremy Bentam ...

le fondement du capitalisme est bien l'intérêt individuel, dont la somme forme l'intérêt  général...

et cela existe bien antérieurement aux dérives du capitalisme ... c'est même pour favoriser la liberté d'entreprendre que ces auteurs, ont jeté les bases de"l' homo économicus" et de sa rationalité uniquement économique ...

 une des citations les + connues d'Adam Smith, "le père" du libéralisme... devenu capitalisme, et qui flatte
l'avidité humaine « Chaque individu ne pense qu'à se donner personnellement une plus grande sûreté [...], et ne pense qu'à son propre gain; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions; Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler.» (concept de la « main invisible »)

Voila la citation d'Adam Smith citée par Éric Rommeluere... "Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu'ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme" ,
mais Adam Smith ne faisait que constater l'avidité humaine, il avait un coté humaniste et social qu'ont perdu ses successeurs... voir ce lien vers quelques unes de ses citations
http://la-philosophie.com/citation-smith-adam

Guérir le monde (Conférence INREES avec Frédéric Lenoir) from CHEZ LOTFAÏ on Vimeo.

 Pascal m'a ensuite partagé une magnifique vidéo, un peu longue mais qu'il faut voir en entier.. de Frédéric Lenoir
http://epanews.fr/video/guerir-le-monde-frederic-lenoir?xg_source=activity

dont voici ce que j'ai retenu... vers les 31'.." ce qui est mauvais dans le capitalisme, ce n'est pas le profit ... c'est la maximisation du profit "...

36' "sortir du toujours+ pour aller vers le mieux être..."

la suite... et la fin...  après une présentation de tout ce qui se fait de positif, mais qui est trop peu connu, il conclue qu'à long terme il est positif, car les consciences sont en train de se réveiller, mais beaucoup
plus pessimiste à court terme.
il faudrait encore plusieurs catastrophes, pour que cette prise de conscience puisse atteindre la masse critique..


et ensuite

Alain Soral / Marion Sigaut : "Comprendre les... par ERTV
Alain Soral / Marion Sigaut : "Comprendre les... par ERTV

Remarquable conférence aussi que je viens de découvrir par un autre ami de facebook, sur les conséquences des philosophies dites "des Lumières" qui remettent beaucoup d'idées en place ..
http://www.dailymotion.com/video/xy17ze_alain-soral-marion-sigaut-comprendre-les-lumieres_news#.UdBdJthiaSo

bien que je sache que cet Alain Soral a des affinités politiques plutôt douteuses, mais là n'est pas la question

L'essentiel c'est Marion Sigaut , l'historienne invitée qui permet de m'éclairer un peu plus sur les philosophes des lumières" à l'origine de la pensée libérale et du capitalisme  et Voltaire...qui n'est pas du tout le Saint Homme que je pensais... et surtout me faire découvrir l'organisation économique et sociale sous "l'ancien régime" de Louis XIV et XV... que j'ignorais ...

 44eme minute...1763-1764...Liberté liberté liberté chérie qu'a t'on fait en ton nom ! (et au nom des "Lumières " aussi ! )

Sur les physiocrates dont Marion Sigaut parle abondamment
http://fr.wikipedia.org/wiki/Physiocratie

sur "les lumières" et le libéralisme économique:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme#Aspect_.C3.A9conomique
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique
articles wikipédia à approfondir par d'autres sources..

j'avais déjà entendu de telles explications au moment de la campagne pour le non à la constitution en 2005,
par une militante d'Attac donc complétement à l'opposée de Soral.. Il faudra que je puisse mettre en ligne mes notes, (ou retrouver sur le net ces conférences)

Je réalise surtout..que l'Histoire qui m'a été enseignée à l'école (et que j'aimais beaucoup comme matière...) et qui est toujours enseignée...  n'est pas la véritable histoire de l'Humanité, et de ses peuples, mais bien l'histoire de ses dirigeants... ou de ses élites.

Réapprendre l'Histoire...première nécessité, pour pouvoir réaliser cette compréhension profonde...

23 mai 2013

Les 4 (ig)nobles vérités sur la dette

"face à une situation d'injustice pour moi-même ou pour d'autres personnes,  qui m'a émotionnellement affectée comment ai-je pu m'appuyer sur le principe des 4 nobles vérités pour développer une attitude "plus juste" ...

C'était la réflexion (méditation?) qui nous était proposée pour un atelier d'approfondissement des enseignements du Bouddha ... une occasion en or pour moi, de relier  engagement militant, et pratique spirituelle... à travers cet exemple d'actualité brûlante,  que j'ai voulu intituler:

les 4 ignobles vérités sur la dette

mise à jour d'un article que j'avais écrit le 15 juillet 2012 
https://michel1955.blogspot.com/2012/01/les-4-ignobles-verites-sur-la-dette.html
Plus que pour moi même, la situation d'injustice,  je la ressens par rapport au monde dans lequel je vis :
-des milliards d'êtres qui n'ont même de quoi se nourrir ou se loger, face à l'opulence excessive de quelques uns  ...
- des besoins essentiels qui partout dans le monde ne sont pas satisfaits, (nourriture, logement, santé éducation) , alors que des sommes astronomiques sont dépensées dans la spéculation financière...
 Cette situation empire du fait que depuis quelques années en Europe, mais depuis bien plus longtemps dans les pays du sud , les peuples sont soumis à des plans d'austérité de plus en plus durs, visant  principalement au remboursement d'une dette publique jugée excessive. 

Voila l’injustice, pour rembourser les riches qui ont prêté,  et donc pour les enrichir encore plus grâce aux intérêts, on appauvrit d'avantage les pauvres...
 Les dettes publiques se composent principalement d’intérêts cumulés depuis plus de 40 ans pour la France, accentué encore depuis Maastricht:  Sur plus 1600 milliards de dette, les intérêts composés en représentent 1400...
 Voila la vérité (une des vérités) de cette souffrance, à proclamer ouvertement.

C'est la 1ere noble vérité. (c'est plutôt pour moi une vérité ignoble...)

La 2eme noble vérité, l'origine de cette souffrance, de cette dette, qu'il faut disent ils... rembourser à tout prix.et avant toute autre politique (c'est également une ignoble vérité)
  
En France la dette publique a explosé  depuis une loi de 1973 dite loi Pompidou -Giscard-Rothschild (Rothschild étant un banquier ami de Pompidou alors président) obligeant l' État à emprunter aux banques  bien sur contre intérêt ! pour  financer ses déficits,  au lieu de créer de la monnaie,  ceci dans le cadre de la lutte d'alors contre l'inflation...
 En allant encore plus profondément dans la compréhension de l'origine de cette dette, maîtriser l'inflation, c’était la volonté des classes possédantes, des propriétaires de capitaux, ou de biens immobiliers,  de reprendre aux classes qui n'ont que leur travail  pour vivre...et qui devaient s'endetter pour acheter leur logement ou les quelques biens nécessaires à leur vie.
car l'inflation se faisait au détriment des premiers et au bénéfice des seconds... de nos parents qui ont pu ainsi devenir propriétaires...

 3eme noble vérité : énoncer clairement l'intention de mettre fin à la misère , mais pas en réduisant la dette par l’austérité, ce qui est encore une ignoble vérité !

et dire que c'est tout à fait possible.
L'agriculture bio, et la permaculture, alliée à une diminution de notre consommation de viande, permettrait de nourrir 12 milliards d'êtres.
consacrer quelques % des sommes allouées à l'armement , ou à la publicité,  éradiquerait définitivement  la misère dans le monde. (un rapport tout à fait officiel du PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement)
97% des flux financiers qui circulent dans le monde sont consacrés à des opérations à des opérations d'assurance, ou de spéculation, même pas 3% pour financer la production de biens et services (y compris militaires)

4eme noble vérité: le chemin vers la fin de l'injustice. 

ce ne sont pas les mesures d'austérité , ni de destruction des services publics proposées par l'OMC , le FMI ou la BCE auxquelles souscrivent la plupart des dirigeants ... et  qui ne relèvent ni de la vue juste, ni de la pensée juste, ni de la parole juste, ni de l'action juste!

au contraire ces politiques vont vers plus de souffrance, plus d'injustice, elle relèvent de ce que Thay appelle l'ignoble chemin vers plus de mal être. 

ce sont les 8 branches du noble sentier octuple :
  • Avoir la vue juste:  l'origine de la dette? ce sont les intérêts composés (  DEMANDONS NOUS... au profit de qui? au détriment de qui?)   

  • Avoir la pensée juste: les plans d'austérité, les privatisations , le néolibéralisme... créent encore plus de souffrance, plus d'injustice, que ce soit chez nous ou partout dans le monde ...

  • Avoir la parole juste : la plupart des "politiques" et des médias, ne l'ont pas, ils nous mentent ... dire POURQUOI, par qui sont ils financés...? (retour vers la vue juste...) La parole juste c'est dénoncer cette "pensée unique" qui n'est pas juste et c'est faire prendre conscience que d'autres solutions sont possibles.
  • L'action juste :  -Un moratoire des intérêts cumulés de cette dette , ne rembourser que le capital emprunté + un petit intérêt pour le loyer de l'argent... équivalent à celui du livret A... d'autres possibilités sont proposées par le Collectif Roosevelt.

  • L'effort juste  Sortir des lois ignobles de 1973 et des différents traités européens cause de la situation actuelle et y inciter les autres peuples d'Europe et du monde à le faire , tout en restant dans la non violence... (boycott et désobéissance civile...). puis s'engager dans des politiques visant à la sobriété heureuse (Pierre Rabhi) et tendant vers le Bonheur National Brut et non vers le PNB...

  • Les moyens d'existence justes : proposer une société où il ne serait plus possible de gagner sa vie en faisant souffrir autrui... (êtres humains, animaux, nature...)
  • l'Attention et la Concentration juste...qui ramènent à la vue juste
-sur les véritables besoins des uns et des autres, pour une vie harmonieuse, sans se faire souffrir les uns les autres et sans faire souffrir notre planète Terre , notre mère à nous tous et toutes...

-sur ce qu'est le bonheur véritable qui doit être dans l'être et non dans l'avoir ou le paraître (le Bonheur c'est savoir se contenter de peu... (le Bouddha Sakyamuni)

-et sur l'interdépendance entre notre propre bonheur (ou notre propre souffrance), et le bonheur et la souffrance d'autrui et du monde dans lequel nous vivons...
 

*******
mes références et mes sources ... pour une compréhension 
encore plus profonde 
et ce superbe graphique encore plus parlant qu'un long texte
ou  mais c'est plus long (environ une heure...) les vidéos de Paul Grignon sur l'Argent Dette 

Et aussi sur la 2eme noble vérité  cet autre article que j'ai écrit

à partir d'une réflexion de Joanna Macy


8 mai 2013

15 propositions applicables immédiatement

Avec le Collectif


Fondé par des personnalités telles que Stéphane Hessel6, Susan George7, Pierre Larrouturou8, Edgar Morin9, Cynthia Fleury10, Roland Gori, Dominique Méda, Michel Rocard11, Patrick Viveret, Bruno Gaccio12, Patrick Pelloux, Claude Alphandéry ou Curtis Roosevelt13 (petit-fils de Franklin Delano Roosevelt), il est également le point de rencontre de réseaux et d'ONG14.
En septembre 2012, la motion menée par Stéphane Hessel qui reprend plusieurs propositions du collectif au congrès du parti socialiste fini troisième avec prês de 12% des voix et manque de peu le deuxième tour face à Harlem Désir pour le poste de secrétaire général15.

Les 15 propositions4 ont pour objectif d'éviter un effondrement de l'économie, élaborer une nouvelle société et lutter contre le chômage endémique et créer une Europe démocratique18,6.

Éviter un effondrement de l'économie

  1. Diminuer fortement les taux d'intérêts des États en temps de crise économique afin qu'il n'étouffent pas financièrement en payant leurs dettes avec des taux 600 à 800 fois supérieurs à celui des banques privées.
  2. Création d'un impôt européen sur les bénéfices des entreprises, la moyenne européenne étant de 25% contre 40% pour les États-Unis, ce qui permettrait de redonner plus de puissance financière.
  3. Annuler les baisses d’impôt accordées aux entreprises et aux plus hauts revenus les dix années précédentes en France, ce qui permettrait de revenir à un budget bénéficiaire.
  4. Lutter contre les paradis fiscaux qui font perdre à chaque État membre de l'Union Européenne de 1 à 1.5% du PIB en utilisant la pression des commandes publiques.
  5. Limiter le plus possible les licenciement comme c'est le cas en Allemagne avec le Kurzarbeit (en allemand).
  6. Aider les précaires en fin de droit financièrement et en formation.
  7. Interdire la spéculation des banques avec l'épargne privée en séparant les banques de dépôts et les banques d'affaires.
  8. Création d'une taxe sur les transactions financières afin que les marchés financiers contribuent au Fonds européen de stabilité financière.
  9. Combattre les délocalisations en instituant des normes sociales et environnementales dans le commerce mondial.

Contre le chômage, construire une nouvelle société

  1. Créer des emplois dans le secteur du bâtiment et réduire les loyers avec une politique du logement ambitieuse.
  2. Combattre le réchauffement climatique en réduisant les gaz à effet de serre tout en conservant la même qualité de vie.
  3. Développer une économie sociale et solidaire plus respectueuse de l’environnent et des personnes.
  4. Partager le temps de travail et les revenus entre les suractifs et les précaires.

Construire une Europe démocratique

  1. Arrêter la paralysie du système en changeant les institutions et en adoptant un système parlementaire.
  2. Négocier un traité de l'Europe sociale ce qui évitera les délocalisations et le dumping intra-européen.

    D'après Wikipédia
 Tout le détail sur ces 15 mesures ici

J'ai  rejoint ce collectif et participe aux groupes de discussion sur Nouvelle Donne , car cette idée de changer le PS de l’intérieur me plait beaucoup.
Je ne renie pas pour autant mon engagement avec le Front de Gauche, et son programme " l' Humain d'abord", dont les propositions sont pour la plupart très proches et ne renonce pas à la 6eme république,  mesure à moyen terme absolument nécessaire, pour que le mot démocratie, ne soit plus un vain mot... 

mais celles de Roosevelt 2012, sont applicables immédiatement sans avoir à modifier les traités européens, pour peu que la volonté politique y soit.
Force de constater que la volonté de Messieurs Hollande et les autres du PS n'y est pas et qu'il va falloir les pousser un petit peu , les aider, ou les soutenir comme l'avait si bien dit Pierre LARROUTUROU un des fondateurs du collectif, depuis membre du Bureau National du PS 


 
Pierre Larrouturou - Congrès de Toulouse par PartiSocialiste



Écoutez le aussi marteler au conseil national du PS que bientôt il sera trop tard...
 
Intervention de Pierre Larrouturou au conseil... par PartiSocialiste


 Ecoutons le enfin avec Stéphane Hessel en octobre 2012
 
Stéphane Hessel et Pierre Larrouturou... par PartiSocialiste


Avant qu'il ne soit trop tard , il nous faut absolument faire prendre conscience à un maximum de personnes,  de ces 15 propositions qui si elles ne changeront pas ce système corrompu (seule la constituante pourra le faire) , nous donneront assez d'espace nous engager dans cette voie 

26 avril 2013

Jean-Luc Mélenchon : "Je m’interdis le mot croissance"

Je reviens sur cette interview de Jean Luc Mélenchon, pendant la campagne pour les présidentielles de 2012, passé inaperçu...
Merci à Reporterre de nous en donner de larges extraits...
http://www.reporterre.net/spip.php?article2779

Loin de moi de considérer Jean Luc Mélenchon comme un gourou... il n'est que le porte parole d'un mouvement politique dans lequel je me reconnais , le Front de Gauche 
Porte parole talentueux malgré ses défauts et "perceptions erronées" sur le Tibet et Sa Sainteté le Dalai Lama notamment ( voir mon article à ce sujet ici) 

Jusqu'à ce que je découvre cet interview, je pensais aussi que JLM était un partisan de la croissance, bien qu'il y ait dans son programme " l' Humain d'abord " une forte composante écologiste...
Mais là c'est moi qui ai eu une "perception erronée"

Voici l'article de Reporterre que je copie colle tel quel...si l'impermanence informatique ou autre faisait que le lien ne devait plus fonctionner... car cela me semble très important


Accueil > Société > Jean-Luc Mélenchon : "Je m’interdis le mot croissance"

Jean-Luc Mélenchon : "Je m’interdis le mot croissance"

Reporterre
jeudi 19 avril 2012

Dans une interview exclusive à Reporterre, Jean-Luc Mélenchon s’explique sur l’écologie comme il ne l’a jamais fait. Pour lui, "l’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche".

Jean-Luc Mélenchon a accordé une interview exclusive à Reporterre, centrée sur les questions écologiques.
Dans les trois séquences qui suivent, il s’explique d’abord sur son cheminement intellectuel vers l’écologie, puis sur la planification écologique et la règle verte, et enfin sur le nucléaire, l’énergie, et l’étalement urbain.
Il reconnait sa dette théorique à l’égard des Verts. Pour lui, "l’écologie politique a été un choc intellectuel".
Il rappelle sa position sur la sortie de l’énergie nucléaire, mais souligne le "défi extraordinaire" que représente la sortie des énergies carbonées.
Et il prend ses distances d’avec la croissance comme aucun responsable politique ne l’a jamais fait.

………………PREMIERE PARTIE………………….
« L’écologie politique a été pour moi un choc intellectuel »
Le candidat du Front de Gauche indique qu’il n’a pendant longtemps pas prêté beaucoup d’attention à l’environnement, pour lequel il n’avait qu’une « sensibilité purement superficielle  » (0’34"). Il a évolué, notamment en constatant « les angles morts » du marxisme, d’autre part sous l’influence des Verts, envers qui il « reconnait tout à fait notre dette » (2’15"), parce qu’ils « ont mis le sujet sur la table ». D’Alain Lipietz, il a retenu « l’idée que l’écologie politique est le nouveau paradigme organisateur de la gauche ».
L’écologie politique « a été pour moi le même choc intellectuel que lorsqu’à vingt ans, j’ai lu ‘L’idéologie allemande’, le livre de Marx m’a fait l’effet d’une espèce de révélation intellectuelle » (2’42"). Pour lui, dans la foulée de Marx, la nature est comme «  le corps inorganique de l’homme » (3’58") et l’homme est « un épisode de la nature elle-même » (4’35"), il est « partie prenante de la nature, il en est un moment, liée par la même loi du hasard et de la nécessité que tout autre réalité vivante » (5’05").
Cela a conduit à abandonner « l’aveuglement » (5’57") de l’ancienne gauche « productiviste ». « Et puis surtout, le problème était l’adoption du standard de vie des riches. Ce que les riches voulaient était donc bon, et donc il en fallait pour tout le monde. Et c’est à ça qu’il faut renoncer. Parce que la richesse est synonyme d’irresponsabilité, dans les modes de consommation. Dans la mesure où elle n’a pas à se poser pas les problèmes de la masse, le problème de la responsabilité qu’elle prend, parce que comme elle pense qu’ils sont peu nombreux, tout va bien pour eux. Je me souviens de la période où on disait, ‘Une Mercedes pour tout le monde’. On voulait dire, ‘Ce que les riches ont, alors tous les autres doivent l’avoir’. On avait un regard a-critique sur la consommation » (6’37").
« L’écologie permet de refonder l’ensemble des paradigmes de la pensée de gauche »
Selon Jean-Luc Mélenchon, « l’écologie a permis de régler des problèmes théoriques. » En effet, toute l’idée progressiste repose sur l’égalité. Mais c’est une vue de l’esprit, tous les hommes ne sont pas vraiment égaux dans l’état de nature (10’30"). Et donc, tous les régimes égalitaires sont par nature totalitaires, parce qu’ils contraignent l’état de nature. « L’écologie politique clot cette discussion. Pourquoi ? Parce qu’elle dit qu’il n’y a qu’un écosystème compatible avec la vie humaine. Donc tous les êtres humains sont semblables en ceci que si cet écosystème disparaît, ils disparaissent tous en même temps. Donc ils sont bien semblables, et égaux, devant la contrainte de cet écosystème. De là, tout le reste vient, qui se trouve fondé objectivement. Si nous n’avons qu’un seul écosystème qui rend la vie humaine possible et que nous sommes tous semblables, il y a donc un intérêt général humain. L’intérêt général, dont on avait entendu dire pendant des années – et j’ai fait partie de ceux qui disaient ça – ‘l’intérêt général est une construction idéologique, intérêt général égale intérêt du capital’. Ben non, pas du tout, il y a un intérêt général humain. S’il y a un intérêt général, comment le connaître ? En en discutant » (10’40").
La discussion permet deux idées fondamentales. Il n’y a pas de vérité révélée : « Un, nous ne sommes jamais dans la certitude » (11’50"). Et deux, « nous sommes plus intelligents à plusieurs qu’à un seul, donc, comment allons-nous trancher ? C’est la démocratie. D’après quelle règle ? Ce qui est bon pour tous. Et qu’est-ce qui est bon pour tous ? Ce qui nous rend davantage égaux et davantage en osmose avec notre écosystème. Et donc au terme, on voit qu’on arrive à avoir refondé l’ensemble des paradigmes organisateurs de la pensée de gauche, le socialisme, l’humanisme, les Lumières, la République, et la démocratie, et nous n’avons rien abandonné en route » (11’54").
« Ensuite je suis passé à un deuxième niveau : y a-t-il une classe écologique ? » (12’50") « Certains sont par rapport à l’environnement dans une situation particulière. Les travailleurs sont en première ligne. C’est eux qui manipulent les produits pourris. La classe de contact avec la catastrophe écologique, c’est la classe ouvrière. » La classe d’intérêt général est la classe ouvrière.
Ainsi, augmenter le SMIC est une mesure écologique, parce que cela permet de mieux soutenir et donc de soutenir une agriculture paysanne.

………………Deuxième Partie………………….(elle commence à 15’39")
« Je m’interdis le mot croissance »
La planification écologique est l’outil maître de la politique environnementale du Front de gauche. Pourquoi ? Parce que « la production aujourd’hui est entièrement commandée par le court terme » (15’57"). Les entreprises doivent rendre des comptes tous les trois mois. «  On a besoin de temps long pour faire diverger la machine. La planification, c’est ralentir le temps. » (16’35").
« Deuxième point : nous ne sommes plus dans la politique de l’offre » (16’48"). Autrement dit, pas question de soutenir aveuglément la production de n’importe quoi. Il s’agit de mener une politique de la demande. Mais en analysant comment elle devient écologiquement responsable et en s’interrogeant sur les besoins, selon « un impératif commun à toutes les réflexions et à toutes les réorganisations de la production et de l’échange, qui serait la règle verte, c’est-à-dire diminuer l’empreinte écologique de la production, et le faire d’une manière sérieuse et méthodique » (18’08").
Jean-Luc Mélenchon a abandonné le dogme de la croissance : « Le PIB [produit intérieur brut] est un instrument de mesure extrêmement rustique, il n’est pas utile pour ce qu’on a à faire » (19’06"). En fait, il s’agit de « la doxa, c’est la bataille des mots. Quand vous avalez le mot, vous avalez la grammaire avec. Quand vous avalez le mot PIB, vous avalez le mot croissance, et puis vous avalez un mot que vous ne prononcerez jamais, c’est le mot d’irresponsabilité » (19’27").
« Je m’interdis le mot croissance, je dis ‘la relance de l’activité’, je ne parle jamais de croissance dans mes discours. Ce n’est pas que la croissance soit un problème, mais je sais très bien ce qu’on met dedans. Et d’ailleurs, la relance de l’activité implique de la décroissance dans certains domaines » (19’48").
Certaines productions devront croître, comme celles des services à la personne, s’occuper des petits, des personnes dans la dépendance, mais d’autres productions devront décroître.
Pour le candidat du Front de gauche, il y a là « une rupture idéologique de fond avec la social-démocratie : nous ne disons pas que nous allons répartir les fruits de la croissance ! La social-démocratie est organiquement liée au productivisme, quand elle dit ça [répartir les fruits de la croissance], puisqu’elle déclare qu’il n’y a de progrès social que dans le cadre du productivisme. Nous, on pense exactement l’inverse, on pense qu’il n’y a de progrès économique que s’il y a du progrès humain et du progrès social » (20’43").
M. Mélenchon reconnaît que le parti communiste n’est pas arrivé au même point que lui : « les communistes ne proposent pas de partager les fruits de la croissance, ils proposent de partager tout », mais « la discussion n’a pas été très avant… Il y a beaucoup de débat au sein du parti communiste ». « Je veux convaincre mes camarades communistes que l’écologie est la réponse aux questions qu’ils se posent, et non pas quelque chose qui nie leurs préoccupations – c’est leur principale crainte » (22’50").
Le candidat critique ensuite vivement la publicité : elle « est un impôt privé : on vous conditionne, et vous payez votre conditionnement » (27’40"). « Il faut arrêter l’orgie » (27’23").

………………TROISIEME PARTIE………………….(elle commence à 26’33")
L’océan est la nouvelle frontière
A propos de la sortie du nucléaire, Jean-Luc Mélenchon « demande qu’on ne soit pas hypocrite : ou bien c’est dangereux, et alors c’est à la première centrale que c’est dangereux, ou bien ça ne l’est pas, et alors on prend d’autres dispositions. Mais le mi-chèvre, mi-chou n’a pas de sens dans un domaine comme celui-ci » (27’40"). Sa position ? « Ma conviction personnelle, qui n’est pas celle du Front : Je suis pour qu’on en sorte » (29’38").
Il précise : quoi qu’il arrive, on aura besoin de la recherche nucléaire, notamment pour les déchets, et donc, « on va continuer la recherche fondamentale » (28’18").
Par ailleurs, Mélenchon veut developper deux nouvelles énergies – dans lesquelles les travailleurs du nucléaire pourraient se reconvertir : la géothermie profonde, « qui commande en amont plein d’autres activités, dans la sidérurgie, dans la chimie, et dans l’organisation du territoire » (30’25"), et l’énergie de la mer : « Quand on a le deuxième territoire maritime au monde, on a peut-être quelque chose à dire sur le sujet » (31’10").
Le candidat est réservé à propos de l’énergie solaire, en raison de « l’empreinte écologique des panneaux » (31’40").
Et surtout, il considère que « la sortie des énergies carbonées » représente « un défi extraordinaire » (32’58"), qui devra notamment mobiliser des technologies pointues, y compris dans les nanotechnologies.
Il est moins disert sur les économies d’énergie – mais il est vrai que la durée de la discussion était limitée par un agenda très serré -, évoquant seulement « les process de production » (35’20") et « des milliers d’emplois pour la rénovation thermique ». Quant à la hausse inévitable du prix de l’énergie, il préfère botter en touche : « Nous ne sommes pas crédibles si nous venons avec une dimension punitive » (36’00").
Sur l’étalement urbain, Jean-Luc Mélenchon reconnaît que sa réflexion est limitée : « On n’est pas au point sur l’étalement urbain. La question n’est pas traitée en tant que telle dans notre organisation alors que la situation ne peut plus durer, on a atteint des dégâts sans limite » (41’53"). Il faut cependant « combattre l’archétype enfoncé dans la tête depuis quarante ans » (43’58"), dans lequel tout le monde doit être « propriétaire de sa petite maison ».
Jean-Luc Mélenchon conclut dans l’enthousiasme : il faut « retrouver l’audace des pionniers. Ce monde est beau, il est neuf » (45’00). Et il a une nouvelle frontière, l’océan.

13 avril 2013

l'origine de la souffrance

"Le moteur du système capitaliste est l'insatisfaction , celui ci ne fonctionne autant que les Hommes se sentent insatisfaits et incomplets , et pour compenser cette insatisfaction, ils ne cessent d'acheter.." 
« Le Travail qui relie »
Entretien avec Joanna Macy 

 

Lu pendant notre semaine au Hameau des Buis en Ardèche dans cette superbe revue ...  
donc si j'ai bien  "la compréhension profonde" ...
 
L’insatisfaction, c'est une des traductions de "Dukka" la souffrance ...
Par conséquent la cessation de "Dukka" ça ne peut être que  la fin du capitalisme ...

et le capitalisme (vrai nom du libéralisme) dont un des autres moteurs est l'avidité et l’égoïsme...  n'est donc pas compatible avec les enseignements du Bouddha ... !
 
Gratitude à une grande sommité du Bouddhisme, qui me confirme encore plus dans mes perceptions ... 
  un livre de Joanna Macy