En train de devenir... Comment lâcher prise,tout en ne lâchant rien

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29 septembre 2013

Qu'est ce que méditer ? Samatha et Vipassana

Très bonne explication et très simple en plus, je trouve, donnée par cette émission de Sagesses Bouddhistes sur ce que c'est que la méditation .


 Dans le Boudhisme Theravada, les 2 types de méditation essentielles et complémentaires sont Samatha et Vipassana. Quand on pratique Samatha avec pour objet la respiration, cela s'appelle AnapanaSati ou l'Attention à la respiration. Quand on pratique AnapanaSati jusqu'à se confondre avec le souffle, la méditation devient un hommage à la vie, à la lumière, au calme, au Bouddha.

  "Sagesses Bouddhistes" du 15 juillet 2007
Samatha -Vipassana  Invité : Bhante Hénépola Gunaratana


Vénérable Gunaratana : " Samatha " c’est tranquilliser l’esprit, calmer l’esprit et calmer le corps. C’est un état de méditation très profondément concentré. L’es
prit et le corps restent très paisibles, très calmes, tranquilles. Voilà ce qu’est la méditation samatha. Son but est d’obtenir la concentration profonde. Ensuite, le corps et l’esprit devenant calmes, détendus et paisibles, l’esprit devient pur. Il commence à rayonner de sa propre nature, de sa luminosité. On arrive à un état de véritable concentration de l’esprit, très lumineux.

Sandrine Colombo: Comment se déroule cette pratique de samatha ?

Vénérable Gunaratana : Pour pratiquer samatha, vous vous asseyez d’abord dans une position très confortable, une position très stable. Votre corps doit être droit, pas trop rigide. Il doit être aussi détendu. Fixez votre attention sur un seul objet de méditation. Quand vous fixez votre esprit sur un seul objet de méditation, vous ne vous occupez pas des autres objets. Il faut un seul objet pour pouvoir gagner la concentration. Ensuite, progressivement, votre esprit devient concentré, vos yeux deviennent concentrés, et vous pouvez même effectivement concentrer l’attention des yeux sur l’objet de méditation. Vous pouvez aussi vous souvenir d’un objet et ne plus le regarder. A ce moment là, vous pouvez concentrer votre esprit sur l’objet mémorisé. C’est à ce moment que la concentration n’a plus rien à faire avec quelque chose d’extérieur. Elle est seulement liée à l’esprit. L’esprit concentré, quand il est concentré sur une image mentale, devient UN avec cette image qui est mémorisée et il atteint un état profond de concentration. Voilà comment on développe la concentration.

S.C. : Vous parlez d’un objet sur lequel l’esprit doit se fixer. Est-ce que vous pouvez donner un exemple d’objet, du plus simple au plus rare, du plus pur au plus banal ?

Vénérable Gunaratana : L’objet de méditation le plus simple que je recommande est la respiration. C’est très facile à transporter avec soi, il est toujours là, où que l’on aille. Tout ce que nous avons à faire, c’est de nous asseoir dans une position confortable. Si vous le pouvez, vous pouvez vous mettre en lotus. Vous gardez bien le dos droit et vous concentrez votre attention sur votre respiration. Vous respirez lentement. Quand vous respirez très lentement, de manière naturelle, votre respiration se calme et se détend. Puis, votre respiration devient de plus en plus subtile, jusqu’à ce qu’à un certain moment, apparaisse le sentiment de ne plus ressentir la respiration.

Au départ, on ressent la respiration, soit au bout du nez, sur la lèvre supérieure ou bien dans le nez ou entre les yeux. Les endroits où on ressent la respiration dans le corps peuvent varier. A partir du moment où vous avez trouvé un endroit où vous sentez bien la respiration, posez votre attention à cet endroit précis. A un certain moment, il est possible que vous ne puissiez plus ressentir le passage de l’air à cet endroit. A partir de là, posez votre attention sur l’image mémorisée de votre respiration.

A ce moment là, tous les obstacles, comme l’avidité, la haine, la tendance à s’endormir, l’inquiétude, le doute, tous ces obstacles, quand on est dans un état de concentration profonde, vont disparaître, à cause de cette tranquillité. On appelle cet état le " jhana ". Jhana est un état profond de concentration, que l’on obtient par cette pratique. La respiration est l’objet de méditation le plus simple que je recommande à tous pour pratiquer la méditation.



S.C. : Donc on arrive au calme mental, qui est le fruit de cette pratique ?

Vénérable Gunaratana : Très paisible, très calme, c’est une méditation qui est très apaisante. Mais il faut la faire en la combinant avec d’autres formes de méditation, l’autre forme étant vipassana.

S.C. : Justement, la pratique de samatha ne suffit pas, il faut aussi pratiquer vipassana. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ?

Vénérable Gunaratana : On dit que vipassana s’appelle la " méditation de l’attention ". L’attention signifie littéralement " voir exactement tel que c’est ". C’est une méditation plus dynamique. On concentre l’attention sur tout ce qu’on peut vivre : sensations, perceptions, pensées, idées, bruits, quoique ce soit dont vous fassiez l’expérience, vous posez votre attention dessus. Mais il faut aussi dépasser ces obstacles en concentrant l’esprit sur différents aspects des obstacles, vous les dépassez. Par exemple, quand l’avidité apparaît pendant que l’on médite, immédiatement, vous posez votre esprit sur cette avidité et vous voyez comment elle dérange votre esprit, comment elle vous agite. Vous voyez comment votre tendance change votre attitude par rapport aux autres. Vous constatez aussitôt que vous ne pouvez plus être concentré. Donc vous voyez tout de suite les désavantages de l’avidité et vous pouvez aller jusqu’à la racine, en voyant comment elle apparaît, comment elle empêche la concentration, comment on peut l’arrêter, comment on peut changer son esprit, depuis cet objet de méditation qui s’est imposé jusqu’à une véritable méditation.

Comment lâcher cette avidité, pour pouvoir retrouver un état d’esprit paisible ? Tout cela fait partie de la méditation vipassana. Quand nous commençons cette pratique de vipassana, nous avons besoin d’abord et après, de la concentration. C’est un moyen d’utiliser vipassana pour obtenir la concentration et une fois que l’on a la concentration, on l’utilise pour pratiquer vipassana de manière plus claire, parce que les plus hauts niveaux de concentration permettent à l’attention d’être extrêmement pure à cause de la présence de l’équanimité, de l’équilibre mental. A partir de là, vous pouvez voir les choses de manière extrêmement subtile, extrêmement profonde. Par exemple, l’impermanence, c’est une partie essentielle de la méditation vipassana. Une fois que vous avez la concentration, vous utilisez la notion d’impermanence pour avancer davantage dans votre concentration, à des niveaux plus conscients. Vous allez voir que les choses changent à une rapidité incroyable à tous moments. Il y a même des changements que l’on ne peut absolument pas voir, si la concentration n’est pas extrêmement profonde. Il faut donc avoir un esprit très concentré qui ressemble un peu à un rayon laser. Vous avez une vision pénétrante grâce à vipassana, une vision très claire et celle ci vous permet, comme un rayon laser, d’orienter cette clarté vers un objet. Si vous ajoutez la concentration et l’attention, vous pouvez voir l’impermanence, de manière très subtile et très profonde. L’impermanence a lieu tout le temps, à chaque moment, des millions et des millions de fois, à chaque instant, dans l’esprit et dans le corps. Si quelqu’un demande : " Qui a-t-il de permanent ? " On peut répondre : " La seule chose qui soit permanent, c’est l’impermanence. "

S.C. : Pour arriver à la vue pénétrante, est ce qu’il faut absolument passer par le calme mental ? Est-ce qu’on doit arriver à pratiquer samatha pour passer à vipassana ou peut-on directement pratiquer avec vipassana ?

Vénérable Gunaratana : On peut commencer avec vipassana, sans samatha. Il est très intéressant de voir que parfois on ne peut pas se concentrer. On a commencé avec vipassana, on se rend compte tout de suite, quand on voit les choses exactement telles qu’elles sont, on se calme, on se détend, on est paisible, on ne s’inquiète plus. A ce moment-là, arrive la concentration. Vous allez à nouveau voir les choses de manière très profonde. Vous aurez également des choses très utiles qui se présenterons, qui sont des jhanas. Les jhanas sont un état de concentration très profonde qui aident aussi la pratique de vipassana. Et l’on gagne de plus en plus de sagesse, de vision pénétrante. Quand les deux se combinent, vous pouvez commencer avec vipassana pour aller à la concentration ou le contraire. Mais quand les deux sont combinées, votre pratique devient vraiment complète. Et avec cette pratique complète, vous devenez parfaitement paisible, et surtout parfaitement libre de la souffrance, des déceptions, de la colère, de l’avidité, du désespoir.

S.C. : Merci, Vénérable Gunaratana de nous avoir expliqué samatha et vipassana, deux pratiques qui se complètent.


Et je pars demain pour 2 semaines à une retraite Vipassana à l'Institut Vajra Yogini près de Lavaur dans le Tarn

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