Il y a un peu plus de 2 mois, j'avais découvert que derrière Israël, origine de bien des souffrances de notre monde depuis + d'un siècle, il y avait la City de Londres que Donald Trump était d'en train d'exploser et avais publié ce court article :
Iran: Comment Donald Trump explose la City de Londres
https://michel1955.blogspot.com/2026/04/guerre-en-iran-pourquoi.html
Je le complète aujourd’hui par celui ci, avec de nombreux liens pour qui voudrait approfondir:
Certains analystes contemporains décrivent la Grande-Bretagne non comme un vecteur de civilisation, mais comme une force de déstabilisation systémique. Selon cette vision, l'architecture géopolitique actuelle, marquée par des conflits incessants au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique, découle directement des décisions prises à Londres durant les deux derniers siècles. L'argument central repose sur la notion que l'Empire a priorisé ses intérêts commerciaux et stratégiques au détriment de la cohésion sociale des peuples colonisés, créant des « États faillis » dès leur indépendance.
L'argument du « Diviser pour mieux régner »
La politique du « diviser pour mieux régner » (divide and rule) est identifiée comme le mécanisme principal ayant engendré ce chaos. Cette stratégie consistait à exacerber les différences religieuses, ethniques ou tribales pour empêcher l'émergence de mouvements nationalistes unifiés contre l'occupant.
En Inde : La partition de 1947, orchestrée par les Britanniques, a transformé des différences communautaires en frontières sanglantes, déclenchant des massacres à grande échelle entre hindous et musulmans et laissant le Cachemire comme une poudrière géopolitique permanente.
En Afrique : Au Rwanda, au Nigeria et au Soudan, l'administration coloniale a institutionnalisé des divisions ethniques ou régionales (comme la séparation Nord-Sud au Soudan dès le 19e siècle) qui ont explosé en guerres civiles et génocides des décennies après le départ des colons.
En Palestine : Entre 1915 et 1917, Londres a émis des promesses contradictoires : soutenant l'indépendance arabe (accords MacMahon), partageant la région avec la France (accords Sykes-Picot) et promettant un foyer national juif (déclaration Balfour). Cette triple trahison est souvent citée comme la cause racine du conflit israélo-palestinien.
Les arguments clés de Jeffrey Sachs
Selon Sachs, l'Empire britannique a été la première hégémonie mondiale moderne, et sa stratégie impériale a structuré le chaos géopolitique actuel :
Les promesses triples au Moyen-Orient : Sachs insiste particulièrement sur la période 1915-1917, où la Grande-Bretagne a promis le même territoire (la Palestine) à trois groupes distincts : aux Arabes (lettres McMahon-Hussein), aux Français (accords Sykes-Picot) et aux Juifs (déclaration Balfour). Il qualifie cette politique de « cynique » et de « destructrice », affirmant qu'elle a créé une « poudrière » pour plus d'un siècle de conflit.
L'exacerbation des tensions ethniques : Il pointe du doigt la manière dont les Britanniques ont tracé des frontières arbitraires (notamment en Inde avec la partition, ou en Afrique) en « nouant des choses inséparables » (tied everything up in knots), laissant derrière eux des conflits ethniques et religieux non résolus.
La philosophie de la domination : Sachs relie l'expansion britannique à une philosophie économique et politique (héritée de penseurs comme Malthus ou Locke) qui justifiait l'exploitation des colonies et l'indifférence envers les famines (comme en Irlande ou en Inde), créant un modèle de puissance qui a ensuite été repris par les États-Unis.
Le contexte plus large
Bien que Sachs soit souvent critiqué pour certaines de ses positions géopolitiques (notamment sur la Russie ou l'Ukraine), son analyse de l'Empire britannique s'inscrit dans un courant de pensée post-colonial qui rejette le mythe de la « Pax Britannica ». Pour lui, la Grande-Bretagne n'a pas seulement « gouverné » le monde, elle l'a désorganisé de manière systématique au profit de ses intérêts économiques, laissant un héritage de pauvreté et de guerre dans les régions qu'elle a colonisées.
En résumé, pour Jeffrey Sachs, l'architecte en chef du chaos mondial contemporain n'est pas nécessairement l'Amérique actuelle, mais bien l'Empire britannique qui a établi les règles du jeu impérial et les frontières conflictuelles qui structurent encore nos conflits.
Les frontières artificielles et les conflits modernes
L'héritage territorial de l'Empire est marqué par le tracé de frontières à la règle, ignorant les réalités humaines et géographiques.
Moyen-Orient : Le démantèlement de l'Empire ottoman et la création de mandats britanniques ont dessiné des États (Irak, Jordanie) sans cohérence interne, favorisant l'instabilité chronique.
Asie et Océanie : Le contrôle des détroits et des points stratégiques primait sur la cohérence des territoires, laissant des enclaves et des tensions frontalières.
Conséquences : Le départ précipité ou mal préparé de l'administration britannique a souvent laissé un vide juridique et politique, transformant les structures coloniales en appareils répressifs aux mains de dictatures locales ou de groupes rivaux.





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