En train de devenir... Comment lâcher prise,tout en ne lâchant rien

Blog de Tâm Chân Hanh (Action Juste du Cœur)-un bouddhiste engagé plutôt du coté "extrême gauche" (la Gauche radicale , ANTI-CAPITALISTE) - pour un autre monde possible, plus juste, plus fraternel et plus humain.

31 mars 2017 : Depuis mon départ à la retraite ...

il y a 2 mois
Qu'ai je fait de mes journées?
Rien ou presque rien, à première vue (de celles et ceux qui ne me connaissant pas, me voyaient m'enfermer chez nous (...)

30 novembre 2013

«Ne pas partager la richesse avec les pauvres c’est du vol»: le pape voit le capitalisme comme une «nouvelle tyrannie»


 Lors de son élection au mois de mars j'avais écrit 

BIENVENUE AU PAPE FRANÇOIS


PUISSE T 'il comme JÉSUS 
CHASSER LES MARCHANDS DU TEMPLE

 Il a commencé à le faire  !

je retranscrit dans son intégralité cet article qui me donne beaucoup de joie ...

«Ne pas partager la richesse avec les pauvres c’est du vol»: le pape voit le capitalisme comme une «nouvelle tyrannie»



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not_to.si

Le Pape François a pris pour cible le capitalisme comme «une nouvelle tyrannie» et exhortant les dirigeants du monde à intensifier leurs efforts de lutte contre la pauvreté et l’inégalité, disant "tu ne tueras point» l’économie. François appelle les gens riches à partager leur richesse.
Le système financier existant qui alimente la répartition inégale des richesses et la violence doit être modifié, a averti le pape.
"Comment se fait-il que quand une personne sans-abri âgée meurt d’exposition aux intempéries, ça n’intéresse pas les journaux, alors que le marché boursier qui perd deux points fait les gros titres?" a demandé le Pape François  à une audience au Vatican.
Avec la crise économique mondiale, qui s’est emparée de beaucoup de pays d’Europe et d’Amérique, le pape s’est demandé comment les pays peuvent fonctionner, ou réaliser leur plein potentiel économique, s’ils sont plombés par les dettes du capitalisme.
"Une nouvelle tyrannie est ainsi née, invisible et souvent virtuelle, qui impose unilatéralement et sans relâche ses propres lois et règles," dit le document de 84 pages , connu comme une exhortation apostolique.
"A tout cela, nous pouvons ajouter la corruption généralisée et l’évasion fiscale égoïste, qui a pris des dimensions à travers le monde. La soif de pouvoir et de biens ne connaît pas de limites", dit le document du pape.
Il poursuit en expliquant que, dans ce système, qui a tendance à dévorer tout ce qui se trouve dans la voie de l’augmentation des profits, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, est sans défense devant les intérêts d’un marché divinisé, qui est devenu la seule règle qui nous guide.

Richesse honteuse
L’inégalité entre les riches et les pauvres a atteint un nouveau seuil, et dans son exhortation apostolique pour marquer la fin de l ‘«Année de la foi», le pape François demande aux politiques de mieux guérir les  cicatrices faites par le capitalisme à la société.
«Tout comme le commandement« Tu ne tueras point "fixe une limite claire afin de préserver la valeur de la vie humaine, aujourd’hui nous devons aussi dire ‘tu ne feras pas» une économie de l’exclusion et de l’inégalité. Une telle économie tue » a écrit François dans le document publié mardi.
Ses appels vont au-delà des actes du bon Samaritain en général,  il demande à ses fidèles une action "au-delà de la simple mentalité de bien-être».
"Je prie le Seigneur de nous donner plus de politiciens qui sont véritablement préoccupés par l’état de la société, les gens, la vie des pauvres», a écrit François.
Un récent rapport de l’IRS montre que la richesse des 1% plus riches aux Etats-Unis a augmenté de 31 pour cent, tandis que le reste de la population a connu une hausse de revenus de seulement 1%.
Les données les plus récentes d’Oxfam montrent que jusqu’à 146 millions d’Européens risquent de tomber dans la pauvreté d’ici 2025 et que 50 millions d’Américains souffrent actuellement de graves difficultés financières.
"Tant que les problèmes des pauvres ne sont pas radicalement résolus en rejetant l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière, et en s’attaquant aux causes structurelles de l’inégalité, aucune solution ne sera trouvée pour les problèmes du monde, ni aucun problème d’ailleurs ", écrit-il.
Ayant pris le nom d’un saint médiéval qui avait choisi une vie de pauvreté, le pape François est allé au-delà des appels généraux pour le travail équitable, l’éducation et les soins de santé.

Nouvellement élu pape François a intensifié la lutte contre le capitalisme corrompu qui a frappé près de chez lui – il a été le premier pape à aller auprès de la banque du Vatican et à l’accuser ouvertement de fraude et de transactions louches dans des paradis fiscaux offshores.

En Octobre, le Pape François a retiré de la tête de la Banque du Vatican le cardinal Tarcisio Bertone, après les révélations d’allégations de blanchiment d’argent de la mafia et des malversations financières.
Traduction Avic
http://rt.com/news/pope-francis-capitalism-tyranny-324/

15 novembre 2013

Notre engagement pour le Revenu de Base Inconditionnel et la Monnaie Complémentaire et Citoyenne Sol Olympe

Affirmé bien haut lors d'un partage à propos du 11eme entrainement de l’inter-être (Moyens d'existence Justes) avec une partie de notre sangha bouddhiste dans la tradition du Village des Pruniers
"(...) te dire merci pour ton partage sur le 11eme entrainement à propos des dirigeants, non pas parce qu'ils sont mauvais, mais parce qu'ils sont totalement prisonniers de leur monde à eux... Je me suis senti (nous nous sommes sentis) en parfaite harmonie avec toi .

Je voudrais simplement ajouter que l'argent en soi n'est pas mauvais, s'il reste un simple moyen d'échange , c'est sa fonction de thésaurisation (amasser  l'argent pour le futur-) ou la possibilité du POUVOIR  qu'il permet , qui le rend nuisible .
Pour moi aussi changer la nature du pouvoir  qui nécessairement corrompt c'est pratiquement impossible, à de rares exceptions près (l'empereur Assanga en Inde, ou la dynastie des rois Ly au Vietnam et aujourdhui, Nelson Mendela ou quelques pays d'Amerique du Sud??? )
Je ne sais même pas , si une majorité d'entre nous changions, "ils" changeraient eux aussi, ou en faisant tout pour s'agripper à leurs privilèges, "ils" conduiraient le monde à sa fin...

Tous les soirs je leur envoie des dédicaces "puissent tous les êtres se libérer de leur souffrances et de ses causes ...nos dirigeants aussi qui font souffrir parce qu’ils souffrent "...

Par contre on peut changer la nature de l'argent, via les monnaies citoyennes et complémentaires comme le Sol Violette à Toulouse  ou le Sol Olympe en cours de création dans le Tarn et Garonne.

On peut aussi déconnecter l'argent moyen d'échange pour vivre,  du travail qu'on est obligé d'avoir pour gagner cet argent et que bien souvent on ne peut pas choisir, ou en changer, nécessité d'assurer sa subsistance oblige ...
ceci via le Revenu de Base Inconditionnel qui a été si bien nommé par nos ami(e)s anglophones  le B.I.E.N. The Basic Income Earth Network

Face au mal ... ce capitalisme financier ( je sais, je suis toujours en plein dans la dualité ...(...) )

Revenu de Base et Monnaies Complémentaires, voila donc la nouvelle très forte orientation de mon (notre) engagement militant , pour être plus dans la ligne de la pratique (...),

amitiés
Michel "

Mais qu'est ce donc que le Revenu de Base ? 
Plutôt que de longues explications, quelques images bien parlantes :


issues de ces sites 
ou de ces pages et groupes facebook








Et des vidéos de choc, comme celle là

Charles Eisenstein en conférence en septembre 2013 à Genève:
"Je vois que les gens quand ils ont une sécurité financière totale, peut-être qu'ils jouent au tennis et au golf pendant un temps, mais pour être heureux, très vite ils ont envie de faire que
lque chose. Parce que nous sommes là pour donner. Tous ces activistes pour la paix, ils ne font pas ça pour de la l'argent, non? Ils travaillent dur, ils risquent leur vie même, ce n'est pas l'argent qui les fait agir. Les artistes, les musiciens, ils peuvent avoir suffisamment de chance pour gagner de l'argent avec ce qu'ils font, ok, mais ce n'est pas leur but, ils ne se disent pas : "ok, comment est-ce que je vais bien pouvoir faire de l'argent? Je crois que je vais devenir artiste!" C'est même le contraire, ils vont voir le conseiller d'orientation et ils disent : j'aime l'art et le conseiller d'orientation dit : oh, c'est très bien, mais peut-être tu devrais aller dans la publicité.
Un revenu de base inconditionnel nous donne la liberté d'agir à partir de notre désir de donner même si cela ne rapporte pas d'argent."
Un million de signatures pour le Revenu de Base Inconditionnel ...

  c'est ici https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000028/public/index.do

Et tous les compléments d'info et l'argumentation pour répondre à vos questions ou objections  en suivant les liens déjà cités

Mais pour transformer dans la non violence ce monde, le Revenu de Base ne le pourra sans 
Une monnaie complémentaire, citoyenne et locale (ou des monnaies) 

 Qu'est ce que c'est ? 
Face à l'Euro, au Dollar ou les autres monnaies nationales, qui ne sont plus que de l'argent dette qui va à + de 90% dans la sphère financière (la spéculation) ... voir ici   et qui nous enchaine à la dictature des marchés..  (voir ici...) 

 La monnaie complémentaire, citoyenne et locale, pourra réorienter une partie de cette monnaie, vers la sphère de l'économie réelle et surtout vers une production plus respectueuse des droits des Hommes et de la Nature... 


en savoir plus:




Dans notre région 

Montauban le Sol Olympe (en cours de création)





Pour en savoir plus sur le Revenu de Base Inconditionnel et
les monnaies complémentaires...
Frédéric Bosqué à Genève,

2 novembre 2013

Retraite Vipassana du 1er au 14 octobre 2013

A l'Institut Vajra Yogini à Marzens près de Lavaur dans le Tarn 

Totalement semblable dans son organisation et ses principes à celle que j'avais vécue il y a 2 ans et racontée sur ce même blog... 
 
bien plus cool que les retraites "Goenka",
12 jours de silence total , sans pouvoir communiquer ni entre nous, ni avec l’extérieur (téléphones portables mis au coffre) ...



et toujours dirigée par le vénérable Antonio Satta qui cherche à relier les enseignements du Théravada et ceux du Mahayana


J'aurais même eu exactement la même place de méditation !!! 

(la salle de méditation dans la bergerie)

Et bien sur toujours, les 4 temps forts qui ont rythmé nos journées

Les assises : 7 méditations par jour de 45 mn,  sauf la dernière après l'enseignement de 15 mn ( voir ici mon vécu de la première retraite

Les marches : 3 méditations de 45 mn par jour (voir ici mon vécu de la première retraite)

Les pauses : y compris les repas et le sommeil (voir ici mon vécu de la première retraite

Et les enseignements tous les soirs à 19 h 15
Et je vais commencer le récit de mon vécu par ce que j'ai pu retenir d'eux car tout au long de la retraite, ils auront fait le lien entre les enseignements du Bouddha et la pratique de Vipassana .
 (voir ici ceux de la première retraite, dont la base est restée la même )

Dès le 1er soir:  Dukka,  la souffrance, l'insatisfaction, est d'abord liée à l'instabilité, au changement... à l'impermanence
et l'expérimentation par l'observation des causes de Dukka est à la base de Vipassana, ceci en vue de la pacification , la cessation de Dukka, en en stoppant les causes.

Mais pour cela , il nous faut, purifier notre comportement , par Sila, l'éthique, la moralité, la discipline ,
 purifier notre corps et notre esprit
C'est le but de la retraite qui pendant 12 jours va nous mettre dans des conditions idéales pour nous entrainer;
en nous recentrant sur notre corps et sur notre esprit, pour nous observer, par l'attention et la concentration.
donc en éliminant toute sorte de distractions (pas de téléphone, pas d'ordinateur portable, pas de livres, bibliothèque et boutique fermée), nous serons complètement coupés de l’extérieur.

La distraction est une sorte de souffrance car elle génère la saisie-attachement,  une des causes principales de la souffrance . L'ignorance en est une autre, la principale mais c'est plus vague, moins précisément identifiable que la saisie attachement sur laquelle on peut travailler.
Sur les distractions, il dira également que "En retraite l'Esprit sait ce qui va venir, ce que veut dire le prochain son ce cloche, (marche, assise, repas...) et que c'est cela la véritable liberté de l'Esprit.
 Le choix rend l'esprit confus, car il nous rend incapable de choisir, un trop grand choix est un esclavage".
"C'est la simplicité  qui rend la personne libre, qui ralentit l'Esprit et qui lui permet de faire les activités en Pleine Conscience,"

Oui c'est pour cela que j'aime partir en retraite car c'est la simplicité et je n'ai qu'à me laisser couler comme la rivière, sans n'avoir plus rien à penser... ni à organiser !

Antonio  nous parlera également plus précisément de Vipassana, la méditation de la vision pénétrante qu'il appellera aussi méditation de Pleine Conscience, ainsi que de Samatha, la méditation du calme mental . Il le fera tout au long des enseignements donnés pendant la retraite.

Il dira que Samatha c'est une concentration d’accès (vers les9 étapes du samadhi) que si on la réalise (le calme mental) cela ne perdure pas, dès qu'on se lève, il s'en va et on en perd vite les effets, ...
tandis que Vipassana, méditation de la vision pénétrante ou de la pleine conscience juste, va perdurer après la retraite , car Vipassana va nous permettre de comprendre pourquoi le mental ne veut pas se calmer.

Pourquoi l'esprit ne veut pas rester sur l'objet (la respiration) ? A cause du désir attachement ...causé par les distractions, et qu'il nous faut pacifier en contrôlant notamment le corps et la parole.

et cela ne se fait non pas par une technique, mais par la patience ..et  la discipline  (Sila) ...celle offerte par cette retraite.
et aussi par le contentement (être heureux avec ce qu'on a, sans en demander plus, ) qui garde l'Esprit dans le moment présent. car pour faire des efforts, il faut être inspiré ...

Cela m'a également beaucoup parlé... pour faire des efforts, il ne faut pas que je sois obligé de les faire, mais que je sois heureux de les faire... et j'ai été heureux pendant ces 14 jours...

Il nous dira également (enseignement du 02/10/2013) qu'il ne nous faut pas avoir d'attentes de résultats , les choses arrivent parce-que nous les faisons, pas parce que nous le voulons, mais qu'il nous faut avoir la Foi (ou la confiance) , l'une des 5 forces , les 4 autres étant - l'Effort (enthousiaste) - l'Attention (Pleine conscience) - la Concentration- et la Sagesse ...
mais aussi que la Foi doit être équilibrée par la Sagesse et l'Enthousiasme par la Concentration (le calme mental ) afin qu'il ne devienne pas euphorie ou fanatisme.

Et qu'il nous faut soutenir Sati,( l'Attention ou La Pleine Conscience) , constamment du lever au coucher et dans les  4 positions - assis- debout- en marchant et allongé...

-Ne pas avoir d'attente (de résultat) c'est Mushotoku de Zazen,  c'est  la non poursuite qu'enseigne Thay (Thich Nhat Hanh) et dont certaines méditations de Pleine Conscience sont des méditations  Vipassana ...
Et sur Samatha et Vipassana, Thay a écrit ce poème:

- Soutenir la Pleine Conscience du lever au coucher, c'est tout à fait la pratique du Village des Pruniers
 
et pendant ces 2 semaines,  j'aurais appris à mieux comprendre le lien entre

- Smurti (Sati, l'Attention, La Pleine Conscience) qui est Vipassana,  
- Samadhi (la concentration, le calme mental) qui est Samatha , les deux  ne pouvant aller l'un sans l'autre, et qui permettent ensemble de réaliser 
-Prajna, (la Compréhension Parfaite, la Vision Profonde, la Vue Juste, la Sagesse... )
(Thay au cours de la retraite méditation et santé de mars 2011, expliquant que la concentration est comme une loupe, qui permet de diriger la pleine conscience sur un point précis, et de bruler nos afflictions)

Et mes notes ...
 J'aurais encore noté sur mon cahier entre les enseignements du soir et celles, suite aux assises et aux marches .... 17 pages
Contrairement à la première retraite, je ne les ai pas retranscrites dans des annexes, mais je le ferais ici, au fur et à mesure des articles suivants... du moins ce qui est nouveau .... car beaucoup de choses que j'ai ressenties ont été  semblables ... et pour celles ci je vous renverrais à cette première retraite.

  A suivre: ici

Retraite Vipassana du 1er au 14 octobre 2013 (2) L'esprit est le chef

" L'esprit est l'avant-coureur de toutes situations (négatives).
L'esprit est le chef ; et elles sont créées par l'esprit.
Si quelqu'un parle ou agit avec un esprit impur,
La souffrance le suit d'aussi près que la roue suit le sabot du bœuf (tirant le char).
 
L'esprit est l'avant-coureur de toutes situations (positives). 
L'esprit est le chef ; et elles sont créées par l'esprit. 
Si quelqu'un parle ou agit avec un esprit pur, ,: 
Le bonheur l'accompagne d'aussi près que son ombre, qui jamais ne le quitte."

Ce sont les Versets d'ouverture du Dhammapada que nous récitions
tous les matins lors de la première session (de 6heures)
 

(Tous les matins après la toilette, vers 5h 45 je me dirige vers la salle de méditation
 pour la première assise en faisant le tour du Stupa
Photo faite par Violette)


 "Pour ceux dont l'esprit est dénué de vigilance,
 Rien de ce qu'ils auront écouté, contemplé et médité,
 Ne restera dans leur mémoire, 
Pas plus que l'eau dans un vase percé. 

Si ceux qui ont étudié et qui ont la foi 
Ont le défaut de manquer de vigilance,
 Même s'ils sont totalement persévérants. 
Leur esprit sera souillé par des chutes morales. 

Une fois que l'attention demeure 
Pour garder la porte de l'esprit, 
La vigilance viendra aussi,
 Et même ce qui était parti reviendra." 

 Et c'est une partie des versets tirés des Extraits du chapitre V du Bodhisattvacharyavatara de Shantideva 
 
que nous récitions après (et juste avant le Sutra du Cœur de la Compréhension Parfaite ) et avant la première assise.

Contrôler l'esprit,  le surveiller, l'enchainer, le dompter  (etc) ... pour le calmer, mais nous a enseigné Antonio, en l'observant et non en le forçant, car il n'aime pas ça. Et cela je l'aurais expérimenté plusieurs fois pendant les assises de ces 2 semaines.
Lors d'un enseignement* Antonio comparera l'esprit à un chat enfermé dans une pièce, pour l’empêcher de sortir, ainsi il fera toute sortes de bêtises, tandis que si on laisse les fenêtres ouvertes il restera tranquille.  

"L'esprit veut être libre" (11oct 2013)

Il dira aussi "plus on ignore l'esprit plus fort il devient, plus on l'observe plus il s'affaiblit"
 et "il est très difficile de trouver l'esprit, où est sa forme, sa couleur, sa localisation"

Et le lendemain (12 oct) " Pars esprit, tu n'existes pas vraiment...et toi aussi Bouddha , tu n'existes pas" Milarépa
 
 Puis

" le Soi a été crée par l'esprit , il est ensuite harcelé , abusé par l'esprit, la pratique de Vipassana, c'est de connaître l'esprit afin de le dompter (discipliner)" (13 octobre 2013)
 
Et le dernier jour de la retraite (14 oct) " l'esprit est introuvable, ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas, "

Contrôler l'esprit...? le discipliner plutôt ... Antonio emploiera plutôt ce mot...  Donc le discipliner en s'entraînant à rester en Pleine Conscience à chaque moment de la journée  et pendant ces 3 temps principaux de la retraite que sont :

La méditation assise
La méditation marchée
Les pauses

"L'esprit est l'avant-coureur de toutes situations (négatives ou positives )."

 "Ceux qui désirent observer les instructions, 
Doivent très attentivement surveiller leur esprit. 
Car s'ils ne contrôlent pas leurs pensées 
Ils ne pourront pas non plus maintenir l'éthique."

Discipliner notre esprit qui est comme un éléphant sauvage qu'il faut attacher solidement pour le calmer , la corde étant l'attention et la concentration et le piquet la respiration.

Discipliner notre esprit... pour revenir au calme mental (shiné)  c'est la méditation Samatha, que nous ferons pour commencer chacune des journées, et aussi pour les terminer, juste avant ces très belles dédicaces que j'aime tant

Vipassana étant son observation profonde, mais sans à avoir à le contrôler ou à le calmer ...

C'est ce que j'ai compris ,  et aussi que jusqu'à présent, et même dans ma précédente retraite Vipassana, c'était Samatha que je pratiquais  et  cela n'a pas été facile pour moi de passer de Samatha   ...à Vipassana.
Les 2 pratiques étant profondément liées ...On ne peut avoir de vue pénétrante si on n'a pas un début de calme mental, et inversement observer son corps et son esprit, aide à réaliser ce début de calme mental. 
Dans les pages suivantes je vous ferais part de comment j'ai vécu et ressenti cette interdépendance au cours de ces 2 semaines

La suite : Ici

 1ere partie ici

* Ces différents enseignements sur la nature de l'esprit à partir du Sutra Satipathana 
Le sutra des 4 établissements de l'Attention  (explication ici)

Retraite Vipassana du 1er au 14 octobre 2013 (3) La méditation marchée.



 (mon parcours, le quart de cercle à gauche,devant le stupa, qui sera le même pendant toute la retraite)


Je commence par elle, car Antonio aura dit au cours de son premier enseignement, que la marche préparait l'assise. D'ailleurs nous enchainions 3 fois par jour les marches par les assises en n'ayant que 5 mn, pour rejoindre la Bergerie. (voir les commentaires de ma dernière retraite ici)

Au début a t'il dit, elle peut être rapide,on se concentre sur "gauche, droite, gauche droite... " gauche à l'inspir, droite à l'expir, (en insistant "politiquement parlant" plus sur la gauche a t'il ajouté, en se mettant à rire, ce qui nous a fait tous rire)  puis après en ralentissant, une inspir et une expir sur un pas, "soulever avancer" à l'inspir, "poser placer" à l'expir donc.

Mercredi 2 octobre 8h10, après le petit déjeuner et la méditation du Travail (Karma Yoga), juste au son du gong qui nous invite à la marche, je me rends donc assez rapidement à l'endroit que j'avais choisi,  de peur de me le faire prendre...
J'ai même noté dans mon cahier "avidité? "

J'avais  pour la marche repéré cet endroit , juste derrière la haie qui entoure le Stupa et en face du "château" à cause des fleurs des abeilles et des mille sensations que je pouvais ressentir là à cet endroit. Endroit repéré depuis la veille et même depuis ma dernière retraite Vipassana où souvent j'y passais mes pauses des dernières journées... 


Je me rendrais vite compte que c'était pour mon esprit autant de distractions ...
Mais que observer les distractions c'était aussi exercer sa Pleine Conscience.
 Gauche-Droite, Gauche droite... Inspir/expir, Inspir/expir sur le premier parcours (environ 20 m), Puis Soulever, avancer, (Inspir) poser, appuyer (Expir) en revenant ...
 Tout de suite va me revenir à l'esprit la fin de l'enseignement de la veille d'Antonio... 
"Qui marche? qui a l'intention ? Qui ressent ?
C'est le sentiment qui ressent, l'intention qui a l'intention, où est  donc le soi ?
Qui fait l’expérience ? c'est l'esprit, c'est l’expérience elle même, ce sont les éléments dont est fait le corps,(La Terre, l'Eau, l'Air, le Feu)  ce n'est pas le soi... Le concept du JE  disparait..."

et il a ajouté ...."si on pense trop on ne comprend rien ... "

effectivement je me suis tout le long de cette marche posé cette question ... et me suis dit, ai noté  
pour soulever avancer poser...ce sont mes pieds qui le font ok , mais quand j'arrive au bout du parcours et que je veux faire demi tour...c'est bien moi qui ai l'intention de tourner ? 

De même quand je m’arrête, pour admirer les fleurs, les sentir, ou regarder les abeilles ou les papillons, ou écouter les oiseaux... m’arrêter... comme je l'avais compris lors de la précédente retraite.... c'est bien moi qui en ai l'intention non ? 

j'ai posé cette question à Antonio lors de mon entretien, du 1er samedi (le 5 oct) qui m'a répondu:
- que je ne devais pas penser à l'enseignement pendant les marches ou les assises, mais seulement pendant les pauses... 

- que c'était l'intention et non pas le soi... qui avait l'intention ... (bof ?? ?)
-que j'intellectualisais trop ... 

 Au cours des marches suivantes de ce même jour et de tous les jours suivants, j'ai voulu m'appliquer :

-à ressentir vraiment les différentes phases ...
Je me suis rendu compte que le 4eme temps, ce n’était plus appuyer comme dit lors de la retraite précédente mais bien placer !
car en fonction de l'endroit ou je posais le pied et appuyais, je ressentais ou non des cailloux et déplaçais alors ce pied... 
à ressentir aussi l'intention (de faire un pas, de tourner, de m’arrêter...) 

- à relier la marche Vipassana et à la marche Kin Hin de Zazen et aux méditations marchées du Village des Pruniers .
La marche Vipassana c'est une combinaison des 2...  




Et me suis souvenu d'un enseignement de Thay qui disait que si on n'était pas à 100% dans notre marche, on ne faisait pas le pas suivant ... J'ai du au cours des ces 2 semaines m’arrêter bien souvent ! souvent tous les 2 ou 3 pas ...  

m'arrêter, pour admirer les papillons, les abeilles,  les fleurs, (j'ai pu voir pendant 2 ou 3 jours, s'épanouir, puis se faner quelques roses avant que la pluie et le vent ne les fassent tomber... et réaliser un peu ce que c'est que l'impermanence...) les sentir ( mon parcours était plein d'odeurs agréables... )

mais aussi m’arrêter quand des pensées arrivaient , et j'ai noté qu'en méditation marchée, j'avais beaucoup plus de pensées que pendant les assises...

est ce que parce que la marche est beaucoup plus automatique et naturelle, que l'assise  ?

Par rapport aux marches méditatives du Village des Pruniers , j'ai eu l'impression celle de Vipassana décompose plus les mouvements de chaque pas, donc oblige à se centrer uniquement sur son corps, alors que pour Thay, c'est vivre à 100% chaque pas , son corps mais aussi être un avec ce qui nous entoure ...

Elle pourrait s'apparenter à Kin hin de zazen, mais Kin Hin comme Zazen c'est se concentrer sur la position de son corps, plutôt que sur ses pas ... 

voir ici cet article sur la méditation marchée enseignée par Thay
Voir ici cet article sur le Kin Hin en Zazen
 ou ici   
Ressentir sans les nommer les 4 temps ( Soulever, avancer...) 

 Je me suis aussi aperçu très vite (noté le 4 oct ) qu'en voulant mettre des mots sur les différentes phases, les 4 temps, ça me fatiguait et rendait ma respiration plus rapide, donc que peut être il me fallait juste ressentir ces différentes phases sans les nommer dans mon esprit... 
Donc mettre des mots c'est penser ?  
ou parce que l'esprit se révolte car je veux le contraindre un peu trop? (voir page précédente)
 
 (sur mon parcours bourrache
photo faite par Violette)

Et simplement apprécier l' instant présent, l'environnement, les fleurs les oiseaux...  être heureux d'être là dans cette marche, ici et maintenant ... ( Le Nirvana c'est le chemin ...)

 Enfin j'ai pu noter combien mes marches et surtout ma concentration pouvaient être différentes selon les conditions climatiques.

ainsi le jeudi 10 oct , ais je noté, pendant les marches du matin (8h15 et 10h15), il a fait froid, et au lieu d'observer mes pas, je me suis mis en Kin Hin et je me suis concentré comme pour Kin Hin sur cette sensation de froid, et ai essayé d'observer, comment elle évoluait ...
et j'ai eu l'impression qu'elle s’atténuait...

Le lendemain ( 11 oct, marche de 8 h15 ) ai essayé de localiser la sensation de froid sur les différentes parties de mon corps et de l'observer, sur mes pieds, mes cuisses mon dos, mes mains, et toujours comment elle évoluait, quand je l'observais ai encore eu l'impression qu'elle diminuait ... 

Le plus désagréable pour moi c'était aux pieds, et plus accentuée pendant la phase placer... (ou appuyer) puisque le pied est fortement en contact avec le sol... le pied gauche surtout ...

à la transition entre la marche et l'assise, le soleil est apparu, et alors quel bonheur de marcher au soleil !!!

Malheureusement, à la marche suivante (10h15) le soleil était reparti caché par les nuages... le froid de nouveau, je suis allé me chercher une autre paire de chaussettes, un morceau de gingembre confit pour le sucer, et cette fois ci ai essayé de marcher non plus en Kin Hin, mais comme Thay... mais ai eu froid...

La 3eme marche à 13 h 45 s'est faite au soleil d'automne, et fut très agréable...

J'ai noté " expérimenté ce jour sensations agréables ou désagréables...et aussi l'équanimité... les observer sans s'y attacher ou en avoir de l'aversion "
Car au cours des enseignements de ces derniers soirs, Antonio avait parlé des sensations et de l'équanimité qu'il fallait avoir vis à vis ce celles ci. (avoir  ni saisie, ni aversion)

PAS FACILE DU TOUT...  L ' ÉQUANIMITÉ et cela aussi, je l'ai expérimenté avec ce froid... auquel je suis particulièrement sensible ...


La suite ici

1ere partie ici

Retraite Vipassana du 1er au 14 octobre 2013 (4) les méditations assises

Je dis volontairement les... car aucune méditation n'a été semblable les unes aux autres  ...

Bien sur il y a certains phénomènes qui ont été les mêmes que ceux notés sur mon cahier que pour la dernière retraite en 2011... mais pour lesquels j'aurais noté des observations différentes ...

 (la salle de méditation dite "la bergerie"
nous méditerons comme en Zazen ou aux Pruniers, face au mur, 
les hommes d'un coté à gauche les femmes de l'autre à droite, 
photo de la dernière retraite de 2011)

A commencer par les torpeurs, assoupissements ou léthargies  (voir ici les commentaires de la dernière retraite)
que j'ai ressenties dès le début et plutôt toujours en première partie de méditation .

 Et aussi  pour ces séances complétement vides (pas au sens de vacuité...hélas... ), où il n'y avait pas beaucoup de pensées certes, mais où mon esprit ne pouvait se concentrer sur rien ... je pense qu'il y a un lien ...

Pour les torpeurs je n'arrivais pas à entrevoir le tout début de ce phénomène   avant que ma tête ne tombe en avant... et  ne me fasse "me réveiller brusquement, et réaliser que je m'étais assoupi"

tout à fait normal me dira Antonio lors de mon entretien du 5 oct (entretien que j'avais voulu suffisamment tôt dans la retraite, afin de pouvoir "rectifier le tir" ensuite...

Il me dira aussi que ce sont des choses qui arrivent au début de la retraite car on est fatigué, on n'a pas l'habitude mais que cela doit s'estomper...
et le soir même dans son enseignement il nous redira comme il me l'a dit... qu'il faudrait arriver en salle de méditation avec la ferme intention d'observer le début de sa torpeur...comme on a l'intention la veille de prendre l'avion de se lever tôt le matin et que l'on se réveille à l'heure dite .


me suis donc efforcé à le faire dès l'assise suivante,  tout faire, ai je noté pour éviter l'assoupissement  ... ce qui n'est pas observer ... ai je aussi noté...

Pour cela j'ai veillé
-à bien soigner mon installation sur le zafu...(comme en Zazen), bien le préparer afin d'éviter qu'il ne se tasse, s'affaisse et me fasse prendre une mauvaise position susceptible de me provoquer une douleur.

- à laisser ouvert les yeux ou à les ouvrir dès que je sentais qu'ils se fermaient d'eux mêmes .
- compter de nouveau les respirations (j'avais arrêté de le faire, car je m'étais également aperçu que cela influençait ma respiration , que je ne l'observais plus mais que je la contrôlais...)

J'ai ainsi pu au cours des séances et journées suivantes soit éviter quelques assoupissements (ce qui est contrôler) soit en observer le début, la tête commence à pencher en avant  ou le dos en arrière (observé lors d'une assise de 13/10) puis ensuite je me redressais ...ce qui est encore vouloir contrôler... mais de nombreux assoupissements encore ont pu échapper à mon attention... peut être en avais je pas assez à ce moment là...?

Il m'a semblé, (mais c'est encore à confirmer) que les assoupissements arrivaient quand :
-les yeux sont plutôt fermés
- la concentration (ou l'attention) se relâche (suite à une pensée par exemple... )
- l'assise sur le coussin devient moins stable
-  mon esprit devient confus et "vide", et que je n'arrive plus à me concentrer (est ce la lassitude ou l'ennui?  ou la fatigue ?) Je ne sais pas ...

Je sais qu'il me faut aussi observer l'ennui,  j'ai essayé de le faire, sans trop y arriver

Et en 2eme partie de retraite (à partir du 8 oct) j'ai noté bien moins d’assoupissements ...

Ensuite ces balancements , la grande découverte de ma précédente retraite Vipassana et que je n'avais plus connus depuis pas mal de temps ... dans mes méditations quotidiennes 

J'avais envie de retrouver cette sensation (agréable) et ils sont réapparus dès la 5eme assise (16 h) du 5 octobre ( 4eme jour) de manière très légère tout d'abord, puis plus accentués,  les séances des jours suivants, mais toujours en 2eme partie de méditation, surtout à la fin, mais pas toujours ...

J'ai ainsi noté pour l'assise de 17 h15 - 18h  du 7/10: " Alors que mal installé sur le coussin qui s'était affaissé , retour des balancements un peu vers la fin , et disparition presque totale du mal être... resté 10 mn ainsi après la fin à observer dans une impression de grand calme."

Puis le 8/10 dans la première assise de 6h 15 "Balancements légers à la cloche , me suis senti bien à ce moment là et ai eu envie de prolonger"

Puis dans celle de 11 heures "au milieu de la méditation , ont continué même après la cloche, malgré un changement de position à cause du zafu affaissé , puis avec les jambes allongées et je me suis interrogé:  cette sensation arrive t'elle en période de calme mental au lieu de l'assoupissement? "


Bien sur ces balancements ont été pendant ces méditations l'objet principal de mon observation, et quand cela arrivait en milieu de méditation , celles ci m'ont paru bien courtes, et ont donné lieu à des belles observations ...

ainsi toujours le 8/10 l'assise de 17 h 15 : "Je suis bien installé sur mon zafu et les balancements sont arrivés au milieu de la méditation (juste après une pensée ou 2 sur NV 82...) je les ai observé, ainsi que ma respiration, mais encore une fois, pas facile de la suivre , tellement elle était devenue , imperceptible sauf à la contrôler... et alors elle devenait saccadée. pas arrivé à trouver ni le début ni la fin, ou alors il me fallait la forcer, alors j'ai laissé la respiration pour suivre les balancements qui s'accentuaient, je ne me sentais pas du tout endormi mais parfaitement éveillé et conscient de tout ce qui se passait en moi et autour de moi , la salle, les autres...les oiseaux etc ... et les balancements ont continué alors que j'avais décroisé..."

le 9/10 à la méditation de 6 heures : "ai eu l'impression que certaines respirations s'allongeaient démesurément à l'inspir comme à l'expir... ai même été obligé d'en reprendre le contrôle ( nécessaire pour l'observer?) " mêmes observations au cours des assises suivantes...

Le 11/10 assise de 16 h: pendant les balancements qui allaient en s'accentuant, ai senti ma cheville (gauche -au dessus)  s'engourdir  ainsi que toute la jambe, jusqu'au point d’être totalement insensibles... Combien de temps cela a duré,? je ne sais pas je sentais cette cheville et cette jambe totalement engourdies mais mon esprit me paraissait clair , j 'ai même envoyé des pensées et de l'énergie à Lise et Bertille normalement en route pour le WE  de Pleine Conscience à Matens ... c'est à la cloche après le 3eme son que cela s'est désengourdi, jusqu'à vraiment plus aucune trace...

Pas un seul jour qui a suivi sans noter ces balancements, plus ou moins forts...au cours d' assises dans lesquelles je me sentais très calme et paisible...   Et toujours en 2eme partie de méditation... J'en restais donc sur ma 1ere conclusion que ce phénomène était synonyme d'un certain état de calme mental...(le 5eme niveau de Samatha? )

 entrecoupées  d'autres assises qui me semblaient complètement vides et confuses que je notai "sans" et qui me semblaient bien plus longues... 

Jusqu'au 13/10 dernier jour plein de la retraite , assise de 6 heures, où "les balancements sont arrivés très vite, après une simple observation de ma posture et du contact du corps avec le sol et le coussin.
mais insensiblement ma posture s'était dégradée au point de me cause une gène assez forte... . (mauvaise installation sur le coussin?) et ai du la rectifier 2 fois de suite , mais 2 fois de suite les balancements sont revenus ...  que j'ai observé  et ai eu l'impression que ces balancements me poussaient vers le haut ou en déséquilibre vers l’arrière...
mais cette fois ci la méditation m'a paru longue ... ai essayé d'observer l'attente (de la cloche )"

Et pour la 6eme assise celle de 17 h 15, que j'avais d’ailleurs enchainée avec la précédente prolongée de 15mn + un Kin Hin, car durant cette 5eme assise, j’avais passé 45mn à me battre contre mon esprit qui ne voulait pas se concentrer... et que c'est seulement à la cloche que les balancements sont arrivés... lâcher prise ? (ai je noté) ...ces balancements se sont arrêtés et a succédé une période de grand calme que je ne connaissais pas (nouvel état?)  ai je encore noté...

Donc pour cette 6eme,  après avoir entendu les instructions d'Antonio "essayez de chercher le Dharma, il est ici et maintenant dans votre corps et votre esprit sur votre coussin" ...
Les balancements sont revenus tout de suite et ont été presque ininterrompus jusqu'à la fin. Toujours ce grand calme malgré une douleur apparue à la jambe gauche qui m'a obligé de rectifier plusieurs fois la posture,  une mouche qui est venue m’embêter autour de ma bouche et que j'ai du chasser en soufflant dessus ! et j'ai encore pu envoyer plein de dédicaces à Lise ..."de ces états particuliers"

et en rentrant à la maison, ces balancements ont continué dans mes méditations quotidiennes, toujours en 2eme partie, la partie que j'ai toujours estimée "meilleure" . Donc je ne sais toujours pas ce que c'est ...  Mais est on vraiment obligé de savoir, pour ressentir et expérimenter ?

la suite: Ici

1ere partie ici


Retraite Vipassana du 1er au 14 octobre 2013 (5) les méditations assises (suite)

Comment j'ai observé mon corps et mon esprit  
( Je devrais dire plutôt  LE  corps et L'esprit, car ce corps, cet esprit, ce n'est pas moi ... même si c'est encore difficile pour moi de le comprendre ... voir à propos de l'intention... )
 Donc le corps tout d'abord en commençant par la respiration:
" -Conscient que c'est une inspiration, j'inspire, conscient que c'est une expiration, j'expire
- Observant mon inspiration au début, au milieu et à la fin, j'inspire, observant mon expiration au début, au milieu et à la fin, j'expire
-Conscient de tout mon corps, j'inspire, observant tout mon corps , j'expire
- Conscient du contact de mes genoux(ou de mes pieds) avec la Terre, j'inspire... observant le contact de mes genoux(ou de mes pieds) avec la Terre, j'expire
-Conscient du contact de mes fesses avec le coussin (ou la chaise) j'inspire , observant le contact de mes fesses avec le coussin (ou la chaise), j'expire
-Conscient de la position de mon dos (bien droit mais pas raide), j'inspire, observant la position de mon dos (bien droit mais pas raide), j'expire
- Conscient de la position de mes épaules (bien ouvertes) j'inspire, observant la position de mes épaules (bien ouvertes), j'expire
- Conscient de la position de ma tête (et de mes yeux) j'inspire,observant la position de ma tête (et de mes yeux) j'expire
-Conscient de la position de mes mains, j'inspire, observant la position de mes mains j'expire..."
Ce sont les petites phrases que je me réciterais souvent en début de méditation, à la manière des 16 exercices de la respiration consciente du Village des Pruniers, pour essayer d'établir un début de calme mental, nécessaire pour ensuite pouvoir m'observer plus profondément ... (Shamatha avant Vipassana)
 puis
 "-Conscient que mon corps s'apaise, j'inspire, observant mon corps s'apaiser, j'expire"
 et
 "-conscient que ma posture devient stable, j'inspire, observant la stabilité de ma posture, j'expire
-me sentant heureux dans ma posture j'inspire, observant ce bonheur ici et maintenant  j'expire"


Antonio nous le rappellera chaque jour en début d'assise que soigner sa posture, c'est très important,   d'abord parce-que la position du corps a une grande signification spirituelle :

Je n’avais pas pu noté ses instructions car il ne le voulait pas, on était en méditation... mais voici celles semblables de Lama Guendune Rinpoché sur ce site )
http://www.pagodethienminh.fr/?page_id=1008
"Dans cette position, ( jambes croisées) le "souffle
descendant-évacuant" se rassemble en l'Artère Centrale empêchant
l'apparition des émotions liées à la jalousie de troubler la méditation.

De même, la position des mains dans le geste de la méditation - 4 doigts
sous le nombril - permet aux énergies subtiles liées à l'élément eau, de se
rassembler en la Veine Centrale, pacifiant ainsi la colère.

Le dos dressé comme une flèche et les épaules comme les ailes d'un vautour
rassemblent en l'Artère Centrale les énergies subtiles liées à l'élément
terre
, prévenant la torpeur.

Le cou en crochet (
menton rentré vers le larynx sur un plan parfaitement horizontal, sans laisser la tête pencher vers l’avant ou l’arrière) provoque le rassemblement des énergies de l'élément feu,
calmant ainsi le désir.

Le regard dirigé vers le bas, sans cligner, à 4 doigts de la pointe du nez,
et la langue reposant contre le palais, recentrent l'énergie subtile de
l'élément vent, apaisent l'orgueil et aiguisent l'attention."


Pour moi, j'ai observé qu'une bonne position du corps aidait beaucoup pour une "bonne" méditation ...

"Il faut être aussi pleinement conscient,  lorsqu'on s'assoit sur son coussin et que l'on met ou enlève ses écouteurs" dira aussi Antonio... 

 Et je prendrais beaucoup de temps à ajuster mon zafu (que j'avais amené) avant de m' y installer, car je me suis aperçu que sinon il s'affaissait et que cela perturbait ma posture et ma méditation. Je prendrais également beaucoup de temps à m'ajuster moi même pour  me sentir confortablement installé, comme en zazen  et peut être encore plus  avec au besoin la couverture sur moi pour avoir ni trop chaud, ni trop froid.
Une ou deux fois, en arrivant "trop juste" car passé aux toilettes avant... je n'aurais pas eu le temps de le faire, et aurais eu une méditation "pas bonne" (bien qu'il n'y ait ni bonne ni mauvaise méditation...) 
 être confortablement installé étant aussi la base des conseils de Thay ...

on pouvait donc bouger pour rectifier sa posture en cas de douleur qui ne passait pas, en essayant de ne pas déranger les voisins...

 L'assise débutait soit par quelques instructions de la part d'Antonio, comme celles  ci dessus, soit par 3 sons de cloche... A chaque son, je prenais une grande inspiration, puis une grande expiration en me récitant intérieurement le gatha de Thay 
"écoute écoute ce son merveilleux, il me ramène à ma vraie demeure"
Puis les petites phrases de ma méditation guidée... 
 
Elle se terminait par également 3 sons de cloche, et nous étions à ce moment là, invités à ne pas nous lever tout de suite, à attendre qu'Antonio soit sorti de la salle pour le faire et à  observer , comment nous nous sentions ...  
Le son de la cloche pouvant être ressentie comme une "libération" qui devrait entrainer une cessation des douleurs... je n'ai pas vraiment eu de douleurs pendant toute la retraite, seulement des gênes passagères , et mes premières impressions au son de la cloche étaient "cette assise m'a semblé courte/longue" et " elle était bonne /pas bonne" puis "ne pas juger" ...

"Laisser la respiration respirer... " sera pour moi LA phrase importante de cette retraite,  en plus des instructions ci dessus sur la posture, et des versets du matin sur l'esprit ...

Laisser la respiration respirer et ne pas vouloir la contrôler ou la calmer (comme pour Shamatha) 

...j'aurais beaucoup de mal avec cela, pendant toute la retraite à observer mes inspirations et mes expirations, sans les contrôler,
surtout quand Antonio nous a demandé d’observer "le début, le milieu et la fin" je me suis aperçu que j'avais tendance à vouloir arrêter mon inspir ou mon expir vers sa fin pour l'observer et cela me créait un petit blocage...comme si l'air ne passait plus naturellement, (voir la précédente retraite où j'avais déjà décrit ce phénomène) et il y avait un mouvement brusque alors ... et j'avais en outre l'impression que compter mes respirations c'était aussi les contrôler ... donc assez vite, j'ai arrêté de les compter. Sauf en tout début de méditation afin de forcer mon esprit à se concentrer.

C'est pendant les périodes des balancements, quand la respiration devenait douce et imperceptible, que j'ai constaté qu'il m'était encore plus difficile de la suivre, où alors je devais la forcer, pour qu'elle soit plus forte ... En "laissant la respiration respirer" , souvent je la perdais, et quand je me forçais de la retrouver, elle devenait irrégulière et saccadée. 
D'autres fois, comme par exemple le 09/10 assise de 6h, j'avais l'impression que ma respiration s’allongeait démesurément , qu'il n'y avait pas de fin de l'inspir comme de l'expir... plusieurs fois j'ai du en reprendre le contrôle par une inspir (ou une expir) accentuée... 
Ce contrôle (ou non contrôle) de la respiration sera donc devenu (de même que les balancements)*... l'objet principal de pas mal de mes méditations .
Ce qui a induit d'autres pensées très liées à la pratique que je faisais , du genre: (notées juste après les méditations)
Assises (4) et (5) du 10 oct : "je suis en train de réaliser que depuis que je médite régulièrement, est ce que quand je dis "suivre" ma respiration, je la contrôle pour la calmer (Shamatha) ou que je l'accompagne (Vipassana)? "
Compter mes respirations est ce les contrôler?  Peut être que je ne sais pas suivre ma respiration sans la contrôler" A voir ...  
Compter m'aide au début à me concentrer, mais ensuite perturbe le déroulement naturel de mes respirations, il vaut peut être mieux se dire "inspire/expire" ?
Mais j'ai noté également à ce moment (sur mon cahier mais au moment ou je reprends mes notes je ne m'en souviens plus de ce qui s'est passé):" C'est en retournant, dans cette 5eme assise, à ma respiration, après avoir noté une pensée que j'ai pu expérimenter ce que veut dire LAISSER LA RESPIRATION RESPIRER
 Pour l'assise n°6 j'ai noté à son issue : "commencé par 2 séries de 12 en comptant et en contrôlant, pour calmer, puis après n'ai plus compté.
Tout de suite la respiration est redevenue rapide, mais très douce, puis imperceptible et difficile à suivre (donc encore+ de concentration nécessaire). Si pensée, le fait de la noter (en me disant pensée) rendait la respiration + forte... session qui m'a semblé très courte, balancements à la fin. "

Et le lendemain 11 oct  (assise n°1) "ma respiration est elle contrôlée ou libre? , toujours pas su répondre, mais après tout qu'importe! Il me faut lâcher prise avec ça!
Et immédiatement après cette pensée mon assise est devenue très calme"...

De même il (l'esprit) est devenu très calme , quand lassé de me me battre contre lui, lors d'une méditation "sans", j'ai subitement pensé à l'enseignement d'Antonio de la veille, le comparant à un chat , cela m'a fait rire intérieurement et...hop, la concentration et le calme mental sont arrivées !



Donc ne pas forcer l'esprit, ne même pas y penser, sinon on rentre de nouveau dans le contrôle, et l'esprit n'aime pas ça... Juste observer, être conscient de... et lâcher prise de toute attente même de réussir à suivre ou non sa respiration... 

Mais il m'est ensuite revenu que l'observateur et la chose observée n'étaient pas indépendants mais bien interdépendants que la manière d'observer de l'observateur influençait la chose observée... étais je en train d’expérimenter ce qui est une des dernières découvertes de la science quantique?

Peut être aussi que dans mes petites phrases, il ne faut pas dire "(...) j'inspire/j'expire", mais j'observe la respiration inspirer/expirer...?

"Le SATIPATTHANA SUTTA" :
   Antonio nous rappellera au cours de nombre de ses soirées d'enseignement que la méditation Vipassana est directement issue de ce sutra de base du Bouddha, le discours sur les quatre établissements de l'attention, qu' il nous détaillera tout au long de ses enseignements...

Le Satipatthana Sutta est un discours du Bouddha décrivant l'établissement de l'attention :
  • l'attention au corps ;
  • l'attention aux sensations ;
  • l'attention à l'esprit (citta - un esprit impliquant non seulement la partie rationnelle mais aussi la partie émotionnelle de nous-mêmes) ;
  • l'attention aux formations mentales (dhammas - le mot dhamma ne voulant pas ici dire enseignement du Bouddha, mais phénomène de base de notre expérience), celles-ci étant ici de cinq sortes : obstacles, agrégats, expérience des sens, facteurs d'éveil et nobles vérités. (source wikipedia)
Une bonne explication de  la pratique de Satipatthana Sutta sur cet admirable site Bouddhisme Théravada et méditation vipassaná  cité maintes fois lors de mes articles sur la retraite précédente  : L'enseignement de Banthe T. Dhammika fort semblable à celui du Vénérable Antonio Satta


"Le terme Pali Sati signifie "arrêter" et "maintenir la conscience de l'objet". Vipassana signifie "aller en profondeur dans l'objet pour l'observer". Pendant que nous sommes pleinement conscients d'un objet et de son observation avec profondeur, la frontière entre le sujet et l'objet deviennent un. Ceci est l'essence de la méditation. Nous ne pouvons comprendre un objet qu'en le pénétrant et en devenant un avec lui. L'observer en restant à l'extérieur ne suffit pas.

C'est pourquoi le Sutra nous rappelle à la conscience du corps dans le corps, des sensations dans les sensations, de l'esprit dans l'esprit et des objets de l'esprit dans les objets de l'esprit."


Comment observer, vivre complétement ou devenir un avec sa respiration sans la contrôler ? Encore le genre de question que je me suis posée.
Mais là encore je réalise (parce que Antonio me l'a fait toucher du doigt, que j'intellectualise trop...  Ah Ce mental ou cet esprit qui veut avoir réponse à tout ... il faut vraiment que j'arrive à lui faire lâcher prise...

Mais sans le lui imposer ...  
Sati signifie "arrêter" et "maintenir la conscience de l'objet"...
Arrêter de penser et jouir de l'instant présent comme à ce moment là pendant l'assise n°4 (celle de 14h30)du 8 octobre?
Tout est calme, soudain un "léon" discordant... 
était ce lui qui est venu nous "distraire"?
Une belle distraction à observer !
D'autant qu'il y a eu des rires légers dans la salle
et que 
Antonio s'est levé à un moment et est sorti...était ce pour aller lui dire de se taire? 
Cette méditation en tout cas m'a semblé courte ... 
la suite ici 

1ere partie ici