26 mars 2014

Les Trois Portes de la Libération

 ou le sceau du Dharma



Alors que l’Éveillé se trouvait à Vaishali avec sa communauté de moines, un jour, il dit à la communauté :

« Connaissez-vous le merveilleux sceau du Dharma ?
Aujourd’hui, j’aimerais vous en parler et vous l’expliquer. Faites usage de votre compréhension pure afin de l’écouter et de le recevoir avec attention, et faites de votre mieux pour vous en souvenir et le mettre en pratique. »
La communauté des moines répondit :
« Comme cela est merveilleux, Ô Très Honoré ! S’il vous plaît, enseignez nous, nous sommes tellement désireux d’écouter ! »

Le Bouddha dit :
« Le vide n’est ni être ni non-être. Le vide ne fait pas partie des vues erronées. Il n’est ni produit, ni détruit et ne peut pas être saisi par les concepts. Pourquoi en est il ainsi ? Il en est ainsi parce que le vide ne peut être situé dans l’espace. Il n’a pas de forme, on ne peut le concevoir, il n’a jamais pris naissance, ne peut être saisi par l’intellect et dépasse toute saisie. Parce qu'il ne peut être saisi, il contient tous les phénomènes et demeure seulement dans la sagesse d’équanimité et de non-discrimination. Cette sagesse est la compréhension vraie et correcte.

« Moines ! Vous devez encore savoir que non seulement le vide est ainsi, mais que tous les phénomènes sont également ainsi, c’est ce qu'on appelle le Sceau du Dharma.

« Moines ! Ce Sceau du Dharma se nomme Les Trois Portes de la Libération. C’est l’enseignement de base de tous les Bouddha ; l’oeil de tous les Bouddha, la destination de tous les Bouddha. De ce fait vous devez bien écouter, le comprendre entièrement, vous en souvenir et le pratiquer au c½ur même de la réalité. »

« Moines, trouvez un endroit tranquille pour méditer sur la nature propre de la réalité, par exemple sous un arbre dans la forêt. Vous verrez alors que la forme est souffrance, qu'elle est vide et impermanente ce qui aura pour résultat de vous libérer de l’attachement à la forme et de vous permettre de demeurer dans la compréhension sans discrimination de la forme. Puis, pratiquez de la même manière pour les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Puis élevez-vous au dessus de toute vue fausse à leur sujet. Réalisez la compréhension sans discrimination à leur sujet.

« Moines, les cinq agrégats sont vides ; ils sont un produit de l’esprit. Une fois que l’esprit cesse de fonctionner, les agrégats cessent également d’opérer. Si vous voyez ainsi, vous serez émancipés et libres de toute vue. Ceci est la vacuité, la première Porte de la Libération.

« De plus, en vous établissant dans la concentration, voyez la dissolution de la forme et libérez-vous de la nature illusoire de la perception vis-à-vis de la forme. Les autres objets qui sont l'ouie, l’odorat, le goût, le toucher, le mental et les objets du mental disparaissent aussi. Cette méthode de méditation s’appelle ‘Absence de signe’, la deuxième porte de la libération. Une fois cette porte passée, votre compréhension sera pure et à cause de cette pureté de compréhension, les trois poisons de l’esprit (désir, haine et illusion) seront déracinés. Ces trois poisons déracinés, vous demeurerez dans la sagesse sans discrimination. Lorsque vous serez établis dans cette compréhension, les vues concernant ‘le moi et le mien’, et par conséquent toutes les vues incorrectes, n’auront plus de bases ni d’occasions d’apparaître.

« Moines, une fois que vous serez libérés de la vue de ‘je suis moi-même’, vous ne considère rez plus ce que vous voyez, entendez, ressentez et percevez comme des réalités indépendantes de votre propre conscience. Pourquoi ? Il en sera ainsi parce que vous saurez que la conscience se manifeste aussi à partir de conditions, qui sont impermanentes et qui ne peuvent non plus être saisies en raison de leur caractère sans cesse changeant, . Cette méditation s’appelle ‘Non poursuite’, la Troisième Porte de la Libération. Une fois cette porte passée, vous ferez l’expérience totale de la vraie nature de tous les phénomènes, vous ne vous attacherez plus à aucun phénomène et vous aurez vu la nature d’extinction de tous les phénomènes. »

Le Bouddha dit à la communauté de moines : « Ceci est le Sceau Merveilleux du Dharma, les Trois Portes de la Libération. Si vous l’apprenez et le mettez en pratique, vous atteindrez certainement la compréhension pure. »
Les moines furent très heureux d’entendre les paroles du Très Honoré. Il le saluèrent avec respect après avoir promis d’étudier et de pratiquer son enseignement.

Soutra n° 104 Tripitaka Taisho révisé
 http://www.renaissance65.fr/mars-2013.html

1 commentaire:

  1. Lekso! Lekso! disait le Bienheureux.
    Excellent! C'est excellent! C'est bien ainsi.

    Bonne pratique Michel! :)

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