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Depuis mon départ à la retraite il y a 2 mois

Qu'ai je fait de mes journées? Rien ou presque rien , à première vue (de celles et ceux qui ne me connaissant pas, me voyaient m'...

27 octobre 2013

Comment le Bouddha, à partir de textes musulmans,fut canonisé par les Chrétiens...

L'article complet que je viens de découvrir à quelques jours de la Toussaint (est ce un hasard?)  est ici





De l’Asie centrale et de la Perse, la biographie du Bouddha pénètrera plus tard le monde arabe et parvient finalement aux bords de la Méditerranée : une bibliographie d’origine arabe nous apprend que, dans la seconde moitié du VIIIe s., au sein de la communauté des ismaélites de Syrie, des textes persans sont traduits, d’abord en syrien puis en arabe, sous le nom de « Livre de Bilawhar et Yûdâsaf » (Kitab Bilawhar wa-Yudasaf). Les musulmans, peu sensibles aux vertus ascétiques, restent assez proches de leurs modèles perses et ne font que retranscrire les textes en y ajoutant quelques remarques d’ordre monothéiste qui n’altèrent pas le récit même de la vie du Bouddha.
à gauche : icône russe
ci-dessus, gravure de Jacques Callot [1630]
représentant  le saint ermite Barlaam
et son disciple le saint prince Josaphat


Histoire de Bilawhar et Yûdâsaf 
Il y a bien longtemps, en Inde, vivait un roi du nom d’Abénès. Païen, serviteur d’idoles, il se désespérait de n’avoir pas de fils pour lui succéder quand naquit enfin un garçon, qu’il nomma Yûdâsaf. Mais un sage devin lui annonça que ce dernier ne régnerait pas sur le royaume de son père parce qu’il deviendrait « un grand guide sur la voie de la vérité ».
Le roi, mécontent, fit chasser les hommes de dieu de son royaume et décida d’enfermer son fils dans un palais splendide, à l'abri du spectacle des misères de ce monde. Il était interdit de lui parler « de mort, de vieillesse, d'infirmité, de pauvreté » et, si un serviteur tombait malade, on le chassait et on le remplaçait par un bien portant.
Yûdâsaf, devenu adulte, se plaignit de sa réclusion. Son père organisa alors ses sorties de façon que rien de déplaisant ou de triste ne puisse être vu par le prince. Mais, bien évidemment, un jour, le prince fit la rencontre d'un lépreux et d'un aveugle, qui lui révélèrent l'existence de la maladie, puis celle d'un vieillard ridé, courbé et édenté, qui lui apprit la vieillesse. Ses serviteurs, intérrogés, finirent par lui faire comprendre, aussi, ce qu'était la mort. Ces révélations lui donnèrent à penser...
Manuscrit médiéval représentant Josaphat, hors du palais d'où son père l'observe,
lors de sa rencontre avec un lépreux et un aveugle.
 
C'est alors que Bilawhar, un sage moine (monothéiste !) qui vivait dans le désert, eut l'intuition de ce que devait devenir Yûdâsaf. Il quitta son refuge et arriva en ville. Ayant rencontré le prince, il l’instruisit à l’aide de plusieurs paraboles. Certaines d’entre elles ne manqueront pas d’évoquer quelques souvenirs aux bouddhistes, comme, par exemple, cet enseignement sur l’existence comme illusion et les dangers des plaisirs sensuels...
 « Ceux qui convoitent les délectations corporelles et qui laissent mourir leur âme de faim ressemblent à un homme qui s'enfuirait au plus vite devant une licorne qui va le dévorer, et qui tombe dans un abîme profond. Or, en tombant, il a saisi avec les mains un arbrisseau et il a posé les pieds sur un endroit glissant et friable ; il voit deux rats, l'un blanc et l'autre noir, occupés à ronger sans cesse la racine de l'arbuste qu'il a saisi, et bientôt, ils l'auront coupée. Au fond du gouffre, il aperçoit un dragon terrible vomissant des flammes et ouvrant la gueule pour le dévorer ; sur place où il a mis les pieds, il distingue quatre aspics qui montrent tête. Mais, en levant les yeux, il voit un peu de miel qui coule des branches de cet arbuste ; alors il oublie le danger auquel il se trouve exposé, et se livre tout entier au plaisir de goûter ce peu de miel.
La licorne est la figure de la mort, qui poursuit l'homme sans cesse et qui aspire à le prendre ; l'abîme, c'est le monde avec tous les maux dont il est plein. L'arbuste, c'est la vie d'un chacun qui est rongée sans arrêt par toutes les heures du jour et de la nuit, comme par les rats noir et blanc, et qui va être coupée. La place où sont les quatre aspics, c'est le corps composé de quatre éléments, dont les désordres amènent la dissolution de ce corps. Le dragon terrible est la gueule de l'enfer, qui convoite de dévorer tous les hommes. Le miel du rameau, c'est le plaisir trompeur du monde, par lequel l'homme se laisse séduire, et qui lui cache provisoirement le péril qui l'environne. »
Cette parabole - la plus célèbre de la légende - connut de très nombreuses
représentations dans l'art occidental, au Moyen-Age et à la Renaissance.
En voici quelques exemples :
 
à gauche : deux enluminures
de manuscrits médiévaux rapportant
la légende de Barlaam et Josaphat
ci-dessus : gravure de Boetius Adam Bolswert
[1580-1634]

 La figure centrale du tympan du portail sud du baptistère de Parme (Italie)
oeuvre du sculpteur Benedetto Antelami  XIIIe s
 

Tout l'enseignement de Bilawhar repose sur l'opposition entre Réalité et Illusion. Suit une autre parabole qui illustre la façon de se forger un bon « karma » ! Bilawhar évoque ce qui importe et que l'on néglige, ou plutôt : ce que l'on néglige ordinairement et qui importera en fin de compte.
« Celui qui aime le monde est semblable à celui qui a trois amis. L'un qu'il aime plus que lui-même, l'autre autant que lui-même et le dernier moins que lui-même. Il est un jour convoqué par le roi et se sent en grand danger d'être jugé. Il se précipite chez son premier ami qui lui dit être trop occupé mais lui offre quelques tissus afin de se faire un vêtement. Il va ensuite voir le deuxième ami, qui lui dit avoir lui-même beaucoup de soucis mais qui accepte de l'accompagner jusqu'à la porte du palais. En désespoir de cause, il se rend chez son troisième ami. Il lui fait des excuses et implore son aide. Ce dernier lui fait bon accueil, l'appelle son ami très cher et lui rappelle qu'il lui a rendu de menus services dont il est très reconnaissant. Non seulement il l'accompagnera jusqu'au palais mais il plaidera en sa faveur. Le premier ami est la possession des richesses de ce monde qui ne peut offrir rien d'autre qu'un linceul au seuil de la mort, le second représente la famille et les amis, eux-mêmes pris par leurs propres tourments, ils peuvent seulement accompagner l'homme jusqu'au bout de sa vie. Le troisième représente les bonnes oeuvres qui témoigneront pour lui, lors du jugement. »
Suivent encore d’autres paraboles pour montrer que les véritables richesses ne sont pas matérielles puis Bilawhar quitte Yûdâsaf, lui expliquant qu'il doit encore subir un temps d'épreuves avant de le rejoindre.
A la suite de ces « Quatre rencontres », Yûdâsaf sera, en effet, soumis à plusieurs épreuves car le Roi a remarqué des changements dans le comportement de son fils et, après enquête, en est parvenu à la conclusion qu’il a été converti. Il entend alors user de ruses diverses pour le détourner de sa vocation : il organise tout d’abord un débat d’ordre théologique, mais Yûdâsaf triomphe ! Puis il soumet son fils à la tentation charnelle... celui-ci cède à moitié et, de son relâchement, naîtra un futur héritier pourle trône. De joie, le roi se convertit…
Comme le Bouddha, après la naissance de son fils Rahula, demeuré au palais, Yûdâsaf n’en continue pas moins de  nourrir en secret le désir de quitter le monde et de vivre à son tour une vie d’ascèse, telle celle que lui a vanté le saint Bilawhar. Un ange bientôt lui apparaît qui l’incite à prendre la fuite… Le prince s’échappe alors : c’est le « Grand Départ » !
Quittant ses habits de prince, Yûdâsaf les échange avec ceux d’un mendiant et il mène alors enfin la vie d’ascète dont il rêvait. Durant quelques années de solitude « au désert », il est initié à la « science du grand Tout », puis revient dans son royaume, en convertit toute la population, console son père sur son lit de mort, désigne comme régent le tuteur de son fils et s’en repart définitivement mener sa vie...
deux enluminures du XVe siècle représentant :
à gauche - lamentations de Josaphat retenu au palais
à droite - le départ de Josaphat ; il retire ses vêtements (en haut à droite)

On aura reconnu là les principaux épisodes de la vie du Bouddha, jusqu’à son retour dans sa ville natale de Kapilavastu, à l’occasion duquel il convertit lui aussi nombre de ses anciens compatriotes, qui deviennent bhikkhu à sa suite… y compris son fils Rahula – ce que les arabes, et leurs prédécesseurs perses, semblent ignorer ! Même l’intervention d’un ange, pour inciter Yûdâsaf à quitter le palais paternel, ne semble pas un anachronisme musulman, car bien des versions bouddhiques évoquent l’intervention des dieux à cette occasion, qui iront jusqu’à soutenir les sabots du cheval du prince pour lui éviter de réveiller les habitants du palais pensant sa fuite.
Ces textes arabes seront eux-mêmes à l’origine de plusieurs récits écrits en géorgien.
Comment Bouddha devient saint Josaphat...
Située sur la frontière de l’Europe et de l’Asie, entre Mer Noire et Mer Caspienne, la Géorgie est l'une des premières nations à avoir adopté la religion chrétienne comme religion officielle, au début du IVe s. de notre ère, et c’est bien sur ces terres que l’histoire du Bouddha commence à devenir chrétienne !...
On connaît trois rédactions géorgiennes différentes de l’histoire, dont les personnages s’appellent désormais Balahwar et Iodasaph. Une version « longue », qui nous est conservée dans un manuscrit datant du XIe s., une version « courte », dont le plus ancien manuscrit date du XIIe s., ainsi qu’une version encore plus ancienne, du IXe s., très proche encore des textes arabes et, donc, fort peu christianisée.
Les chrétiens, beaucoup plus que les musulmans, seront particulièrement sensibles aux éloges de l’ascétisme contenus dans le récit… Le monachisme est alors considéré, en chrétienté, comme la meilleure manière de vivre en imitation de Jésus et la vie du Bouddha – christianisée – deviendra une sorte de modèle de cette vocation : appel irrésistible malgré l’éducation reçue et les efforts de la famille pour en écarter, recherche de l’absolu dans la solitude, résistance aux épreuves et à la tentation - notamment de la chair ! Car quelques « entorses » par rapport à la légende initiale apparaissent et, innovation totalement chrétienne, Iodasaph résiste aux femmes tentatrices que son père lui envoie et il quittera le palais sans avoir connu d’épouse ni donné d’héritier au royaume qu’il abandonne...

Désormais entrée en territoire chrétien, l’histoire du Buddha va connaître encore de multiples traductions et adaptations successives.
Dans la seconde moitié du Xe siècle, Euthyme, un célèbre moine-traducteur géorgien résidant au monastère Iviron du mont Athos, en Grêce, effectue la première traduction en grec (Iodasaph devient Ioasaph) du récit géorgien. Cette version nous est connue par un manuscrit datant de 1021. Elle-même donnera naissance à plusieurs autres traductions : en arménien, en slave et en latin (langue dans laquelle Ioasaph devient Iosaphat ou Josaphat, puisqu’on ne fait pas de différence graphique entre "i" et "j" en latin).
Aux alentours de 1047-1048, un moine « voyageur » se rend à Constantinople où, rapporte-t-il lui-même, une « ardente curiosité [l]’entraîna parmi les livres grecs où [il] souhaitai[t] faire quelque découverte mémorable » ! Un homme survint, appelé Léon, qui lui remit un livre.
« Cet homme me pria, au nom de l’amour de Dieu et de la vénération due à la mémoire du bienheureux Barlaam, de traduire du grec en latin, en une langue accessible, cette œuvre de l’Antiquité, inconnue, qui jamais jusqu’alors n’avait été traduite et était ensevelie dans le plus profond oubli. […] Je m’engageai à la traduire mot à mot et fidèlement, à la manière des Anciens, puis je m’appliquai à en accentuer la portée là où je le crus à propos, fut-ce au prix de quelques changements, afin de rendre ma version plus attrayante pour le lecteur de bonne foi… ».
C’est cette version latine qui se répandra par la suite dans toute la chrétienté occidentale. L’incroyable succès de ce récit est certainement dû à l’œuvre de Jacques de Voragine, théologien dominicain, archevêque de Gênes, qui vécut de 1225 à 1298 et qui rédigea, vers 1264, la très célèbre « Légende Dorée », recueil de « Vies des Saints » qui connut un succès considérable ! La version qu’il y donna de la vie de saint Barlaam et saint Josaphat devint un « best seller » du Moyen-Age… On en possède encore aujourd’hui de multiples versions, en vers et en prose, ainsi que des adaptations scéniques, dans quasiment toutes les langues européennes : français, italien, espagnol, provençal, portugais, irlandais, allemand, anglais, néerlandais, norvégien et suédois !...

 http://www.bouddhisme-universite.org/St-Josaphat

25 octobre 2013

Le Sutra du Coeur de la Compréhension Parfaite (La Prajna Paramita)

Le Sutra du Cœur de la Grande Perfection de Sagesse

Un des textes bouddhistes les plus récités dans les monastères de la tradition du Mahayana au Tibet, en Chine et au Japon .
(Voir Wikipedia)





Hommage à l'Arya Triple Joyau !

Ainsi ai-je entendu. Un temps le Bhagavan se trouvait à Rajagriha, sur le Pic des Vautours, entouré d'une grande congrégation de moines et d'une grande assemblée de Bodhisattvas. À ce moment-là, le Bhagavan était absorbé en la concentration sur les catégories de phénomènes, appelée "Perception Profonde".

Au même moment, le Bodhisattva Mahâsattva arya Avalokiteshvara contempla la pratique même de la profonde perfection de la sagesse et il vit que les cinq agrégats également étaient vides de nature propre.
Puis, par le pouvoir du Bouddha, le vénérable Sharipoutra s'adressa en ces termes au bodhisattva Mahâsattva arya Avalokiteshvara :

"Les fils de la lignée désireux de pratiquer la profonde perfection de la sagesse, comment doivent-ils s'y prendre ?"
Le Bodhisattva mahâsattva arya Avalokiteshvara répondit alors au vénérable Sharadvatipouttra : "Sharipoutra, les fils ou les filles de la lignée qui désirent pratiquer la profonde perfection de la sagesse doivent la considérer de la manière suivante : ils doivent contempler, correctement et à maintes reprises, le fait que les cinq agrégats, eux aussi, sont vides de nature propre.

La forme est vide. La vacuité est la forme. La vacuité n'est pas autre que la forme et la forme n'est pas autre que la vacuité. De même, la sensation, l'identification, les facteurs composés et la conscience sont-ils vides.
Sharipoutra, ainsi tous les phénomènes sont-ils vacuité ; ils sont sans caractéristique ; ils ne naissent ni ne cessent ; ne sont ni souillés ni non souillés ; ni déficients; ni parfaits.

En conséquence, Sharipoutra, dans la vacuité il n'y a ni forme, ni sensation, ni identification, ni facteurs composés, ni conscience ; ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni mental ; ni forme, ni son, ni odeur, ni saveur, ni objet du toucher, ni phénomène mental. De l'élément de l'œil et ainsi de suite, jusqu'à l'élément de la conscience du mental, il n'y a pas d'élément. Il n'y a ni ignorance ni élimination de l'ignorance et ainsi de suite, jusqu'il n'y a ni vieillissement et mort, ni élimination du vieillissement et de la mort. Et à l'avenant, il n'y a ni souffrance, ni origine de la souffrance, ni cessation, ni voie ; il n'y a ni sagesse transcendante, ni obtention, ni non-obtention.

Sharipoutra, ainsi, puisqu'il n'y a pas d'obtention, les bodhisattvas se fondent-ils sur la perfection de la sagesse et ils demeurent en elle, l'esprit sans voile et sans peur. Et comme ils sont passés bien au-delà de toute erreur, ils parviennent au stade final du Nirvāna. C'est en s'appuyant sur la perfection de la sagesse que tous les bouddhas des trois temps eux aussi font naître pleinement l'insurpassable éveil parfaitement accompli.

Aussi le mantra de la perfection de la sagesse, le mantra de la grande connaissance, le mantra auquel rien n'est supérieur, le mantra égal à l'inégalable, le mantra qui apaise à jamais toute souffrance, doit être reconnu comme véridique car il ne trompe pas. Et voici le mantra de la perfection de la sagesse :

Tadyathā [om] gaté gaté pāragaté pārasamgaté Bodhi Svāhā (aller, aller, aller au-delà, au-delà du par delà, que l'éveil soit réalisé!)

Sharipoutra, c'est ainsi qu'un bodhisattva Mahâsattva doit s'exercer à la profonde perfection de la sagesse."
Puis le Baghavan sortit de sa concentration et loua le bodhisattva Mahâsattva arya Avalokiteshvara en disant : "Bien ! Bien ! Ô fils de la lignée, il en est ainsi, il en est bien ainsi. C'est exactement comme tu viens de l'exposer qu'il convient de pratiquer la profonde perfection de la sagesse et les tathagatas eux-mêmes se réjouissent.
Lorsque le Baghavan eut dit cela, le vénérable Sharadvatipoutra, le bodhisattva Mahâsattva arya Avalokiteshvara, l'entourage au complet, ainsi que le monde des dieux, des hommes, des assouras et des gandharvas, furent remplis de joie et louèrent les paroles du Baghavan.



Le Sutra du Cœur de la Grande Perfection de Sagesse en vietnamien


Tâm Kinh Bát nhã Ba la mật đa
Sutra du Coeur de la prajna-paramita



Quán Tự Tại Bồ Tát hành thâm Bát nhã Ba la mật
đa thời, chiếu kiến
ngũ uẩn giai không, độ
nhứt thiết khổ ách.


Quand Le bodhisattva Avalokiteshvara
Par
la pratique profonde de la prajña pârami
Réalisa
que la véritable nature des
cinq aggrégats est leur non existence
Il mit fin ainsi à toute misère
et toute souf
france

Xá Lợi Tử, sắc bất dị không,
không bất dị sắc, sắc tức thị không, không tức thị sắc, thọ tưởng hành thức diệc
phục như thị.


O Sariputra, la forme n'est pas différente du vide,
Le
vide n'est pas différent de la forme;
La
forme, c'est le vide; le vide, c'est la forme,
Et
il en va de même des sensations, des perceptions, des formations
mentales
et de la conscience.


Xá Lợi Tử, thị chư pháp không tướng, bất sanh bất diệt, bất cấu bất tịnh,
bất tăng bất giảm.


O, Sariputra, toutes choses ici bas n'ont pas de forme.
ells sont sans naissance et sans extinction, sans souillures et sans pureté,
sans croissance et sans décroissance


Thị cố không trung vô sắc, vô thọ tưởng hành thức.
Vô nhãn nhĩ tỷ thiệt
thân ý, vô sắc thanh hương vị xúc pháp, vô nhãn giới nãi chí vô ý thức
giới.
Vô vô minh, diệc vô vô minh tận, nãi chí vô lão tử, diệc vô lão tử
tận.
Vô khổ, tập, diệt, đạo.
Vô trí diệc vô đắc, dĩ vô sở đắc cố.


C'est pourquoi dans la vacui, il n'y a pas de
forme, de sensation, de
percep
tion, de volition, ni de conscience.

Il n'y a pas d'oeil, pas d'oreille, pas de nez, pas de langue, pas de corps ni de mental.
Ni cou
leur, ni son, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni objet de la pensée.
Il n'y a
pas non plus de domaine de la vision, et coetera,
Ni de do
maine de la conscience mentale.

Il n'y a ni ignorance, ni cessation de l'ignorance, et coetera,
Jus
qu'à et y-compris la
vieil
lesse et la mort et la fin de la vieillesse et de la mort.


· Il n'y a
ni souffrance ni origine de la souffrance ni extinction de la souffrance
Et pas non
plus de voie vers l'extinction de cette souffrance.

Il n'y a pas de connaissance et pas d'acquisition, de réalisation,
car il n'y a
rien qui
puisse
être acquis.


Bồ đề tát đõa y Bát nhã Ba la mật đa cố, tâm vô
quái ngại, vô quái ngại cố, vô hữu khủng bố, viễn ly điên đảo mộng tưởng, cứu
cánh Niết bàn.


C’est pourquoi,, le Bodhisattva, doivent prendre appui sur
la la prajña pâramitâ, et ainsi leurs esprits ne
connaîtrons plus aucun trouble, L'esprit étant serein, ils ne connaîtrons plus
aucune crainte et s'éloigneront de toutes pensées illusoire et atteindront
le Nirvana.


Tam thế chư Phật, y Bát nhã Ba la mật đa cố, đắc
A nậu đa la Tam miệu Tam bồ đề.


Tous les Bouddhas du passé du présent et du futur, prenant
appui sur la prajña pâramitâ,
parviennent à la plus haute illumination. (anuttara-samyak-sambodi)


Cố tri Bát nhã Ba la mật đa, thị đại thần chú,
thị đại minh chú, thị vô thượng chú, thị vô đẳng đẳng chú, năng trừ nhất thiết
khổ, chân thật bất hư.


C’est pourquoi on devrait savoir que la prajña pâramitâ est le grand mantra, le
mantra de la profonde sagesse, le plus haut mantra , le mantra sans égal, celui
qui peut anéantir toutes les douleurs, Elle est la vérité pure sans contestation
possible.


Cố thuyết Bát nhã Ba la
mật đa chú, tức thuyết chú viết:

Invoquer le mantra la prajña pâramitâ c'est réciter le mantra :

Yết đế yết đế, ba la yết đế, ba la tăng yết đế,
bồ đề tát bà ha.


GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA

("parti parti, parti sur l'autre rive , complètement
au-delà, Bodhi, Svaha").

Le chant en Vietnamien au Village des Pruniers 


 

Et le chant en Français:
Sur le blog de la sangha de Bordeaux 

Le Maka Hannya Haramita Shingyo (tradition Zen Japonnais) chanté à la fin de chaque Zazen




et sur le mantra ...
GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA

Une superbe traduction de Maître Deshimaru que j'aime beaucoup:

Allons allons, au delà du par delà,
Dans le vrai bonheur,
Dans la vraie liberté,
Allons tous ensemble
sur le rivage de l'infini satori !

21 octobre 2013

Les cinq agrégats

J'avais lors de la retraite scientifique posé une question sur les sensations et perceptions, la différence qu'il y avait...  et j'étais resté sur ma faim.

je viens d'avoir une réponse claire grâce à l'exemple concret donné dans cet extrait produit par un groupe sur le bouddhisme de facebook.

Les cinq agrégats
(extrait des Lettres bouddhiques, Prajñānanda, 1969-1971)

Dans ce Dharma, l’individualité est analysée en Cinq Agrégats, cinq composés, cinq groupes, les Cinq skandha, nommément :
- rūpa : la forme
- vedanā : la sensation
- samjña : la perception
- samskāra : les facteurs d’existence, les « confections », les « formés » et « formants »
- vijñāna : la conscience discriminative


Examinons de plus près les cinq constituants ou agrégats formant l’ensemble psycho-physiologique. Ce sont rūpa, forme ; vedanā, sensation, saṃjñā, perception (sam = avec, jñāna = gnose) ; samskāra, les facteurs d’existence faits et faisant (sam = avec, kāra = faire) et enfin vijñāna, la conscience discriminative, qui « connaît », (vi = séparation, jñāna = gnose).


Ces cinq agrégats sont les constituants de l’existence phénoménale : rūpa, la forme, couvre l’ensemble physiologique, corps grossier et corps de prāna, les autres couvrent l’ensemble psychologique connu aussi comme « nāma » dans l’expression « nāma-rūpa » qui caractérise aussi l’ensemble humain.
Il ne faudrait pas penser que cette analyse est « scientifique ». Fort heureusement, car toute analyse scientifique ne peut conduire qu’à un fractionnement toujours plus ténu et finalement à une dissolution mathématique ; elle serait inutile à une ascèse alors que l’analyse bouddhique est essentiellement pragmatique et il nous faut dire notre conviction que dans nulle autre doctrine ne peut être trouvée une analyse aussi simple et pourtant serrant d’aussi près l’édifice humain, tant conscient qu’inconscient.


Ces constituants n’ont, bien évidemment, aucune réalité par eux-mêmes, aucune réalité intrinsèque, ils sont effets et causes d’effets nous voulons ici donner un verset fameux qui exprimera mieux que nous ne pouvons le faire, l’irréalité des constituants :
« Comme un flocon d’écume est la forme,
Comme une bulle, est la sensation,
Comme un mirage, la perception,
Comme le tronc du bananier (1*), les facteurs d’existence,
Comme une illusion, la conscience,
Ceci, le fils des Āditya l’a dit ».


Examinons chacun d’eux :

Sous le groupe « forme » se rangent toutes corporalités, corps grossier, corps de prāna, etc. Cette corporalité est composée elle-même de quatre « grands éléments »(2*).
Sous le groupe « vedanā » se rangent toutes sensations, agréables, désagréables ou neutres. Il faut entendre par sensation, ce qui est senti, ressenti - sans les implications psychologiques qui peuvent suivre les sensations.
Sous le groupe « perceptions » se rangent les résultats des sensations lorsqu’elles sont intégrées par l’esprit ; de même qu’il y a sensation par les six sens, il y a six classes de perception.
Sous le groupe « facteurs d’existence » se rangent les impacts « faits et faisant » des actes délibérés, conscients, qui ont un résultat. On peut les classer aussi en six catégories, chacune reliée à un sens.
Sous le groupe « conscience discriminative » se rangent « les consciences », c’est à dire la conscience reliée à chaque sens, la sixième étant « la conscience de l’esprit ».

Un exemple concret montrera mieux comment fonctionnent en relation ces cinq groupes formant l’individualité : si je dis « j’ai mal à l’estomac » : l’estomac est du groupe de la forme, la douleur, du groupe de la sensation. Elle aurait pu rester sensation pure, sans intégration par la perception, mais je viens de la percevoir (samjña littéralement « avec connaissance »). Et cette perception va induire des samskāra, du groupe des facteurs d’existence : crainte de la mort par exemple. Cette crainte, formée par la perception, va former la suite de mon existence, la modifier, par exemple intensifier l’ascèse. Enfin, la conscience discriminative, de groupe de la conscience, d’abord conscience du corps, puis conscience de l’esprit, va sur la base de la perception, cogiter sagement ou follement ; sagement, en considérant comme vides, le corps, la sensation, les samskāra et les consciences mêmes ; follement, en attribuant une réalité à cette douleur et à ses effets.


Voila donc l'exemple concret qui a éveillé ma compréhension, merci aux auteurs de cet extrait et aux animateurs de ce groupe facebook

« Quoiqu’il y ait de forme, de sensation, de perception, de facteurs et de conscience, passés, présents ou à venir, de soi-même ou des autres, grossier ou subtil, loin ou près, on doit comprendre, suivant la réalité et la Connaissance Transcendante » : « je ne suis pas cela, cela n’est pas mien, cela n’est pas moi ».
Un autre exemple.

 
Supposons qu’apparaisse dans le champ de la vue - toutes conditions favorables existant : bon état de l’oeil, lumière, etc. - une forme, que nous supposerons être un enfant. L’image de cet enfant est en fait une réflexion des photons provenant d’une source lumineuse ; ces photons focalisés par le cristallin frappent la rétine. Remarquons tout de suite qu’il y a là une première distorsion, l’image provenant de la forme de l’enfant ne sera pas la même sur toutes les rétines, car chaque organe de la vision est différent ; l’acuité de la vision, la sensibilité aux couleurs, feront que celui-ci n’aura pas la même image que celui-là. A ce stade, il est possible que tout s’arrête ; cet ensemble de sensations lumineuses peut ne pas être « choisi », ne pas être « remarqué ». En effet, à chaque instant, l’oeil, dans son champ visuel, reçoit une grande quantité d’impressions dont la plupart restent inconscientes. Dans ce cas, le processus s’arrête là. Mais supposons encore que cette forme d’enfant soit « distinguée », alors l’impression par la rétine est transmise au cerveau qui « intègre » (le mot est très juste) la sensation et la transforme en perception : « il y a là une forme d’enfant avec telles et telles caractéristiques ». Là encore, le processus pourrait s’arrêter - on verra que c’est le fondement d’une technique de sagesse extrêmement fructueuse - mais pour l’homme illusionné, ignorant, la conscience n’intègre pas impartialement et c’est la deuxième et plus importante distorsion ; cette image, qui devrait rester neutre, se charge de l’impact des samskāra, des facteurs d’existence, d’une charge affective. Faisons une nouvelle supposition. Supposons que l’homme qui voit cette forme ait perdu un enfant. La mort de cet enfant a imprimé en lui de puissants facteurs, le chagrin, parfois la révolte, ont marqué profondément sa conscience. 




Et voilà que la forme perçue réveille ces facteurs ; sa conscience était relativement tranquille avant la perception de la forme, le nouveau moment de conscience est profondément troublé après la perception et ce trouble est générateur d ‘ un renforcement des samskāra. C’est ainsi qu’en dépendance des facteurs d’existence surgit, s’élève une nouvelle conscience discriminative, les facteurs d’existence teintent, affectent, transforment cette conscience qui, pourtant, à l’état normal, coule tranquillement, sans perturbations, sans vagues, comme dans le sommeil profond par exemple, ou dans certains états de méditation tels que nirodha. Plus les samskāra sont forts, plus la conscience discriminera et, en conséquence, plus le malaise augmentera, puisque la tranquillité, la paix est la non-discrimination partiale.

Disons encore qu’un autre énoncé divise l’individualité en seulement deux groupes : nāma rūpa ; nāma comprenant tout ce qui est « esprit » et rūpa tout ce qui est forme.


Enfin, signalons qu’il ne saurait exister un groupe sans les autres ; dans l’exemple du char, on ne peut concevoir le char sans les roues, ou sans la caisse, ou sans le timon, toutefois les roues, la caisse, ou le timon ne sont pas le char. Il en est de même de l’individualité formée par l’assemblage, la combinaison des Cinq groupes. Qu’il manque un groupe et l’individualité n’existe pas, mais chaque groupe n’est pas l’individualité. Il ne faudrait pas attribuer à cette classification un caractère défini, absolu, il ne s’agit que d’un moyen pratique d’agir sur l’individualité par les techniques psychosomatiques.


1* Le bananier n’a pas de tronc solide, il est constitué par la base des pétioles des feuilles
2* Tous les phénomènes peuvent s’analyser en six « grands éléments » (bhūta - dhātu), qui sont : terre - eau - feu - air - ākāsa - conscience. (Nous gardons le terme ākāsa sanscrit car la traduction courante par « espace » n’est pas satisfaisante)